20 mars 2008
Peur ? Mais peur de quoi ?
Non, je n'ai pas peur. J'ai eu peur avant, en revanche. Avant de le savoir moitié grimpé sur son trône de nain puissant. J'ai eu peur parce que quelque part, j'espérais encore un peu. Je me trompais, évidemment. Comment espérer une lueur de lucidité de la part d'un pays entier en sachant la conscience et la mémoire collectives aussi efficaces que deux gouttes d'eau sucrée pour sauver l'Afrique ? Je me suis fourré le doigt dans l'oeil bien profond, une fois de plus.
Le soir des résultats je n'ai pas voulu regarder la télé. Pas le courage, plus d'espoir à avoir de toute façon et vraiment aucune envie de voir n'importe laquelle de leurs deux tronches triomphante. Je me suis mise sous la douche, l'humeur dans le rouge et j'ai attendu. Et devinez ce que j'ai entendu ? Le cri de joie de mon voisin. Alors bien sûr j'ai d'abord cru que le nain se retrouvait la merde au cul. Ce vieil instinct bien vilain qui te fait penser que ton frère te ressemble plus que ton voisin etc etc j'ai honte mais c'est comme ça. Puis je suis redescendue de mes satisfactions. Et j'ai pleuré. Longuement. Parce que tu vois, 5 ans de plus dans cette chiasse, ça n'est pas rien. Parce que ces 5 années, franchement, on ne les a pas. C'est trop, il fallait vraiment faire quelque chose avant. SE REVEILLER, PAR EXEMPLE ?!!?! Non ? Mais c'était sans doute trop demander.
Et puis le lendemain matin, j'ai ouvert mes yeux encore collés des larmes de la veille en me demandant ce que ça faisait de se réveiller dans la France de Sarkozy. Et ben figure-toi que ça change pas grand chose. Mon con de chat avait toujours envie de pisser au lever, les cons d'oiseaux chantaient pareil que la veille. Pas d'apocalypse, pas de fin du monde. Mes voisins, ceux qui se sont réjoui n'étaient pas plus cons que la veille, simplement désormais, je le savais ...
Alors non je n'ai pas peur de ce qui nous attend. Parce que c'est en douceur qu'on s'embourbe dans nos erreurs. Je n'ai pas peur mais je suis triste et j'ai mal au cul aussi, un peu plus chaque jour.
Petite mort...
N’ayez pas peur !
La clé est là, immensément affichée sous nos yeux.
La clé de notre délivrance.
Certains considèrent les faits économiques, politiques ou
militaires comme les grandes marques de changement de civilisation.
Un crash boursier, une guerre, une loi fasciste…
Moi non.
Et Eux non plus.
Pas de théorie du complot, pas d’Illuminati à l’horizon.
Seulement des hommes de pouvoir, de média, de marketing…
Des hommes ayant appris les méthodes modernes de
conditionnement de masse
L’effondrement des deux grandes utopies du XX° siècles a
créé un immense vide.
Un vide moral, qui avait lui-même emplis le gouffre
spirituel dans lequel l’occident s’était réveillé un siècle plus tôt.
Les prédicateurs se sont engouffrés, les vendeurs de vie
sous plastiques,les assureurs contre la vie, le rêve américain à Brioude en champagne, ta Vie
Virtuelle plus Vraie que Véritable, les « ton-jeans-il-est-naze-c-est-pas-un-slim-de-chez-XXX »,
et tant d’autres.
Leurs points communs, j’en vois deux.
Nous offrir une sécurité parfaitement illusoire, mais terriblement confortable, amollissante, languissante, nous laissant leur donner en retour une délégation totale de nos existences, de nos responsabilités, de nos droits et devoirs.
Mais surtout nous isoler.
Nous laisser entendre dans le bruissement de leur catalogue,
de leur brochure, que nous sommes les seuls à avoir raison, que nous, nous
avons fait le bon choix.
Nous dressant ainsi contre les autres, là ou la différence
devrait être notre seule limite.
Parmi Eux, remplaçant génération après génération ceux qu’il est encore convenu les hommes d’état, sont apparus les hommes politiques qui aujourd’hui nous gouvernent.
Ils ont simplement adapté à leur marché les méthodes
apprises à HEC.
Et leur marché, c’est nous.
Isoler
Affaiblir
Mutiler, physiquement ou psychologiquement.
Puis…
Prendre le contrôle, tranquillement, nous offrir à leur tour
la sécurité, la protection, le sourire paternel et la voix mièvre maternelle.
Le communautarisme racial ou religieux, les conflits de générations, le bipartisme, les quartiers poubelle stigmatisés, le chômage que l’on fait galoper ou que l’on ramène à l’écurie suivant le besoin, les pédophiles, les chiens qui tuent tant de petites filles innocentes, pures et blondes…les règles sociales sclérosantes, stériles et bridantes.
Alors, oui, la clé est là.
La peur, la petite mort.
C'est elle le plus puissant instrument...
Vivez,
Vibrer,
Pisser le sang,
Riez et pleurez
Mordez, griffez, parcourez
la Terre
de vos pieds nus….
Baiser, faites vous baiser, battez vous contre vous-même.
N’ayez pas peur.
Vous allez mourir…de toute façon.
Métro, boulot...dodo.
Ils sont tous là, sur le quai du métro, à se regarder du coin de l’œil. Bousculés dans leur cocon corporel, écrasés par le poids la vie et des autres, prêts à mordre.
Les comparaisons se font, automatiques, et plombent chaque seconde davantage. Il a l’air heureux, lui, mais qu’est-ce qu’il peut avoir de plus que moi pour y arriver? Stupide, innocent, ou simulateur? Et eux deux, s’ils s’embrassent si fougueusement en public, c’est par amour ou parce qu’ils se savent épiés par 472 personnes et filmés par les caméras de surveillance ? Et la nana là, si elle est si bien foutue, c’est parce qu’elle est anorexique, adepte de la chirurgie esthétique ou toxico?
Aujourd’hui, j’en suis au stade où la comparaison n’est plus. Ces auto-flagellations quotidiennes, je leur laisse volontiers. Courir à perdre haleine après le temps, après ses émois d’adolescent, après l’amour sans faille, après la reconnaissance sociale et professionnelle, j’ai donné. Je suis épuisée. Je ne joue plus. Je suis bien, plantée là, à les regarder s’agiter comme des fourmis cocaïnées. Devant moi, cette affiche du métro: « N’ayez pas peur ». Moi qui ai eu si peur de tout dans ma vie : de l’amour, de mes probables enfants, de la vieillesse et de la maladie, de la pollution et du capitalisme, de mon voisin, de mon patron, de moi-même... En cet instant précis je n’ai plus peur, je sens que cette affiche si blanche dans toute cette crasse est le premier pas vers ma liberté. J’attends d’entendre le son du métro qui arrive pour prendre franchir le second et prendre mon envol… Demain, je ferai partie des trois suicidés hebdomadaires dans le métro parisien. Et ils penseront que leur vie est sûrement moins pourrie que la mienne…
19 mars 2008
Ne me donne pas d'ordre stp!
Lundi matin. J’ai passé un week-end plutôt sympa à refaire le monde avec mes potes de toujours. Les mêmes depuis le lycée. J’adore. Et quand on se retrouve c’est chaque fois la même chose : on se voit avec nos yeux d’il y a vingt ans. On ne se voit pas vieillir. Pourtant. La mère de l’une est atteinte d’un cancer. Le père de l’autre est hospitalisé. Et de faire ce douloureux constat… on n’a plus vingt ans… et après les divorces essuyés d’un revers de la main et de la manche sur des yeux humides, les adultères, l’orientation des enfants qui pose soucis, il y en a parmi nous qui ont d’ores et déjà commencé à perdre les leurs. Mais ça ne nous empêche pas le temps de quelques heures de balayer le présent pour nous retrouver tels que nous étions il n’y a pas si longtemps. Les rides en plus. Quelques cheveux blancs ou quelques cheveux en moins. Mais en fait on s’en moque, parce qu’on se voit avec le regard du cœur. C’est comme ça que nous avons réussi ce tour de force de réussir à nous voir quelques fois dans l’année pour refaire le monde… et compter les morts ! Merde. Fait chier. Et en même temps c’est la vie qui veut ça… On connaît les règles…
Lundi matin donc. Je me lève un peu fracassé quand même. C’est comme ça j’ai compris que je n’avais vingt ans plus que dans ma tête ! Mon corps, lui, crie au secours quand je fais la bringue le week-end… et met quelques jours à récupérer… Mais bon, c’était pour la bonne cause. J’avale ma tasse de café noir, mon complexe vitaminique, et mes tartines grillées. Je saute dans mon costume, faudra que je pense à passer chez le teinturier récupérer les deux qui m’attendent depuis la semaine dernière, je lace mes chaussures que je fais briller à la va-vite. Et je claque la porte. Deux tours de clefs. J’appelle l’ascenseur, qui mettra quelques minutes à bien vouloir se rendre à mon étage, comme tous les matins. A croire qu’il fait exprès de m’attendre au rez-de-chaussée. Je sais bien qu’il faut que je me remette au sport mais ce n’est pas à l’ascenseur de décider pour moi. Ce sera quand moi je l’aurai décidé ! Et toc ! Alors en attendant, mon gars, grouille, j’vais être à la bourre… comme souvent le lundi matin du reste !
Je sors de l’immeuble et m’engouffre dans la station de métro qui est au coin de la rue. C’est pour cette raison que j’ai choisi cet appartement. Il n’est pas très luxueux mais il est à deux minutes de la bouche de métro et à quatre stations de mon bureau. Le rêve ! La rame approche. Les freins crissent sur les rails. Les portes s’ouvrent avec ce bruit caractéristique qui dit : allez hop ! Au boulot ! Fini le week-end ! J’me pose sur la première place de libre devant moi. Je ferme les yeux. Pas le temps de m’endormir mais juste de recharger les batteries pour la journée… le café de midi m’aidera à tenir !
Premier arrêt. Rien de remarquable. Je referme les yeux. Second arrêt. Une jeune femme plutôt jolie s’installe en face de moi. Je serais moins lâche je lui sourirais. Mais j’ai trop peur de m’en prendre une. Elle ouvre sur ses genoux le dernier Gavalda. Elle en a déjà lu la moitié. J’aime bien cette fille. Elle lit des trucs chouettes. Mais comme je ne veux pas lire par-dessus son bouquin je referme les yeux, et m’autorise maintenant seulement à sourire. Je suis un vrai lâche, je sais ! Troisième arrêt. La rame se remplit. Je me lève. Je descends à la prochaine. Une femme enceinte prend ma place. A elle je peux lui sourire, elle a l’habitude. Elle sait que son ventre rond attendrirait l’Humanité toute entière. Elle est belle pour la simple raison qu’elle porte la vie. Elle inspire le respect. Alors que peut-être dans la vie c’est une vraie garce cette fille, qu’elle a essayé de retenir son mec en lui faisant un gamin dans le dos. Ou pire. Qu’elle s’est barrée sans même lui dire qu’elle était enceinte de lui. En même temps, je m’en moque un peu, je ne la connais pas. Donc son môme, c’est pas le mien ! Et j’ai décidé, en ce lundi matin, d’opter pour la tolérance, histoire de bien commencer la semaine. Donc je lui souris !
La rame ralentit, les freins crissent ; je m’apprête à descendre. Les portes s’ouvrent. Et c’est là que comme un con j’me mets à dire tout haut : « C’est quoi cette connerie encore ???!!! ». Les badauds me regardent en se disant que je ne dois pas être net. Et puis, ils finissent par regarder dans la même direction que moi, et finissent par comprendre ! J’me retrouve devant une affiche format métro avec dessus inscrit « N’ayez pas peur ! ». C’est tout. Rien d’autre. Pas assez dôle pour que ce soit du Ben Vautier. Nouvelle campagne de pub pour Benetton ? J’exclus les yaourts, y a pas de femme à poil dessus… J’me souviens aussi de cette campagne contre l’anorexie. J’essaye de comprendre. Mais pour le coup ou c’est lundi matin ou je suis un vrai con, mais je ne vois pas ! « N’ayez pas peur ! »…
Comment on peut écrire ça noir sur blanc en grand format. « N’ayez pas peur ! » De quoi j’me mêle d’abord ? T’es qui toi pour me donner des ordres ? Et si moi j’ai envie d’avoir peur parce que c’est la seule preuve qu’il me reste que je suis en vie…
On connaît tous l’histoire de la princesse qui attend son prince charmant pendant des lustres… On sait tous qu’il finit par toquer à la porte un matin de printemps, encore perché sur son blanc destrier… Et ce qu’on sait aussi c’est que c’est là que l’histoire se gâte… parce que la princesse elle se la coulait douce jusqu’alors… Elle tissait, elle brodait, elle lisait derrière sa fenêtre… Elle prenait des cours de chant et de clavecin… Elle faisait moult choses pour déjouer l’ennui… Et puis quand le prince charmant débarqua dans sa vie ennuyeuse, certes, mais tranquille, c’est là qu’elle se mit à avoir peur… Peur pour lui, qu’il ne rentre pas pour la soupe du soir parce tombé au combat, peur de le décevoir dans sa nouvelle robe qu’elle a passée des semaines à coudre en l’attendant, peur que sa nouvelle coupe de cheveux ne lui plaise pas, peur de ne pas lui donner de descendants… Alors tout doucement cette peur s’est mise à la dominer, à l’enfermer, et au lieu de donner le meilleur d’elle-même elle s’est enfermée dans sa prison dorée… C’est comme ça qu’elle a fini par s’éteindre… Alors elle a eu peur de la suite… Mais tant qu’elle avait peur c’est qu’elle y croyait à la suite… En gros elle espérait, elle y croyait… Et puis le jour fatal s’annonça : elle n’avait plus peur de rien ! Alors elle a plié bagages, et elle allée retrouver son ennui tranquille dans le royaume d’à côté… Et là, elle n’avait plus peur de rien… Elle se fichait de tout, l’indifférence était son second prénom… Une morte en somme mais vivante du point de vue technique.
Parce qu’avoir peur que tout s’arrête du jour au lendemain,
Parce qu’avoir peur de la mort, issue fatale,
Parce qu’avoir peur de décevoir, même sans le vouloir,
Parce qu’avoir peur de ne plus entendre ses clefs tourner dans le loquet de la porte,
Parce qu’avoir peur de ne plus le / la revoir,
Parce qu’avoir peur qu’il ne se réveille pas de son anesthésie,
Parce qu’avoir peur que son gamin ne rentre plus jamais à la maison parce qu’il est tombé de vélo,
Parce qu’avoir peur de ne plus croiser son rire le matin au réveil,
Parce qu’avoir peur de dresser la table avec une assiette en moins…
Parce que toutes ces peurs elles font partie de nous… Elles nous montrent combien nous tenons à ceux pour qui nous avons peur… Alors ne me demande pas de n’avoir pas peur… Je suis donc j’ai peur… C’est ma raison d’être…
Parce que n’avoir plus peur de rien c’est se détourner de la vie, et mourir…
Parce que je veux vivre la peur au ventre pour ceux que j’aime…
Ne me donne pas d’ordre s’il te plaît ! Ou ordonne moi plutôt de continuer à y croire et d’espérer…
17 mars 2008
Avenir proche...
11 Septembre 2011.
Une vieille affiche traîne dans cette station de métro déserte, puante d'humidité et de pisse froide.
"Nayez pas peur".
Mais on avait tous déjà peur, on l'a vu venir, et on n'a rien fait.
Novembre 2007.
La crise des subprimes aux Etats Unis fait perdre à des centaines de milliers de gens leur maisons et leurs biens.
Janvier 2008.
Les firmes bancaires américaines ayant financé les emprunts de ces maisons s'effondrent à leur tour une par une.
Février 2008.
Par voie de conséquence, partout dans le monde, les firmes et entreprises ayant investis dans les fonds de pensions et les firmes financières américaines déposent à leur tour le bilan ou essaient de masquer leurs pertes par des jeux comptables ou médiatiques douteux (Affaire J. KERVIEL - France). L'économie mondiale vascille.
Les cotations boursières connaissent des variations importantes et anormales.
Mars 2008.
Le cour du dollar est en chute libre, le baril de pétrole dépasse les 120 dollars. Partout dans les pays développés, le coût de la vie devient impossible à supporter pour les petits ménages. Les gouvernements essaient d'endiguer cette crise en injectant de l'argent, sous forme de primes, de subventions et de baisse de taux d'intérêt.
Mais la violence, le vol de nourriture, le racket et les squats de bâtiments vides commencent déjà à se répandre.
Juin 2008.
L'économie des Etats Unis, malgré l'injection massive de fonds fédéraux, s'effondre. Les produits à base de pétrole sont hors de prix. Après le vol, un début de guerre civile s'installe progressivement dans les banlieues les plus pauvres, la nourriture étant dévalisée partout où elle se trouve. L'armée a du mal à contenir les événements.
Du 4 au 8 Juillet 2008.
Une gigantesque tempête traverse les Etats Unis (ils l'appeleront "The Last Four Days")
Simultanément, une autre tempête ravage la moitié de la Chine, semblable au Tsunami qui avait ravagé l'Inde 3 ans plus tôt.
Les compagnies d'assurance s'effondrent, n'ayant plus de fonds pour rembourser les conséquences de la tempête.
Des centaines de milliers de gens sont sans abris, et sans nourriture. La violence et la peur augmentent encore.
Août 2008.
Suite à la tempête, subissant des coûts de production trop élevés, des chiffres d'affaires en baisse à cause de la pauvreté, les plus grosses usines agroalimentaires américaines et chinoises ferment.
Les principales sources de productions de blé et de riz mondiales s'arrêtent. La peur augmente.
Les grandes entreprises mondiales s'écroulant, les banques et les compagnies d'assurances au bord de la banqueroute, les cours boursiers n'ont plus aucun sens, et les principales places boursières dans le monde donnent des indicateurs totalement irrationnels. Certaines commencent à fermer.
L'Histoire bascule ici.
En France, le Président Sarkozy fait campagne pour rassurer la population "N'ayez pas peur", et indique que, compte tenu des difficultés liées à la production de nourriture, des accords avec des produits OGM deviennent urgent : ils sont plus rapides à produire, moins chers, et plus résistants. D'autres pays dans le monde, dont les Etats Unis et la Chine suivent cette idée.
Septembre 2008.
Monsanto implante ses cultures dans de nombreux pays, et rachète pour une bouchée de pain les usines agro-alimentaires restantes. Dans le même temps, ils commencent à obtenir des monopoles gouvernementaux sur la production et la distribution de nourriture. La firme dépose de multiples brevets sur des aliments transgéniques de toute nature : céréales, fruits, légumes,..
Novembre 2008.
La nourriture devient une denrée rare. Monsanto a transformé les usines de production en bunker, et commence à en effectuer la distribution, au goutte à goutte, contrôlant ainsi de manière indirecte une grande majorité de la population. Ceux qui essaient de produire par eux-mêmes subissent des pressions et des violences, Monsanto mettant en avant la propriété des codes génétique des productions pour faire disparaître les agriculteurs résistants.
Aout 2009.
Les économies se sont effondrées, la peur de mourir de faim règne, la guerre civile se répand partout, les gouvernements s'effondrent à leur tour. La télévision a arrêté d'émettre, Internet est contrôlé par la firme depuis le rachat des opérateurs téléphoniques, ainsi que l'électricité. L'argent n'a plus de valeur, excepté pour les produits que Monsanto distribue.
Seuls quelques mails cryptés et des émetteurs radio grandes ondes cryptés peuvent encore émettre sans être filtrés par la firme.
Le monde se divise alors en 4 :
- Monsanto et les personnes riches, qui ont réussi à s'isoler des des bunkers hyperprotégés.
- Ceux qui ont choisi de s'alimenter aux usines de la firme en acceptant une paix soumise et une forme d'esclavage,
- Les bandes de pillards, qui s'organisent en cellules de plus en plus structurées,
- Les "Résistants", qui tente de vivre en mini cellules isolées et en autarcie, tout en essayant de se protéger de Monsanto et des attaques des pillards.
11 Septembre 2011.
Aujourd'hui, nous attaquons 57 des 60 centres de production français de Monsanto. En Amérique, en Afrique, et en Asie, les autres résistants feront de même, à 12h, heure locale. Attaque mondiale en cascade, en suivant le fuseau horaire. Ils auront toujours 1 heure de retard. C'est la consigne. Unique et dernière chance de changer le cours de choses. Nous avons préparé cette attaque depuis 2 ans, par mail crypté ou radio, et aujourd'hui, nous allons tuer ou détruire les principaux centre vitaux de Monsanto.
J'ai pour mission de faire exploser le pilier sud de l'Arche de La Défense. Mon collègue fera exploser le pilier Nord. Ils stockent dans ces piliers la moitié du stock de blé de Paris Nord Ouest, nous allons détruire ce stock, et nous allons dans le même temps tuer les dirigeants de ce secteur. Si j'avais su que je serai un jour amener à tuer des gens...
Et en traversant cette station de métro, quittant mon collègue, je me dis que je ne vais peut-être pas revenir.
Alors en attendant 12h, j'écris. J'essaie de laisser une petite trace de l'histoire, depuis son commencement.
J'espère que ce mot n'aura pas d'utilité.
Dans le cas contraire, à celui qui trouvera ce mot, j'espère qu'il comprendra le message : si vous reconstruisez après nous, ne laissez pas l'argent prendre le contrôle.
LE SYSTEME SOCIAL HUMAIN BASE SUR L'ARGENT NE FONCTIONNE PAS.
14 mars 2008
Présent proche
Nouvelle photo, nouveau thème. A vous :)


