11 février 2008
Charade
Mon premier est indispensable dans l'expression très girly : "Whaou c'est trop [bip]!!!"
{Indice: A dire de préférence quand on a entre onze et quatorze ans d'une voix très très aiguë un brin agaçante!
Sinon on est à donf' ridicule!... }
Mon deuz' est un rejet d'air très souvent trop sonore!
{ Indice: A éviter aux sacro-saints repas dominicaux partagés avec la belle-famille!...}
Mon troiz' est souvent associé aux araignées...
{Indice: Bon d'accord je fais de mon cas une généralité! Elargissons donc aux cafards, au vide intersidéral, aux grands espaces, aux ascenceurs etc... la liste n'étant pas exhaustive!}
Mon tout est la soeur cadette des délicieuses mais néanmoins ténébreuses jumelles Tératophobie et Plangonophobie...
{ Mouais... En fait, pas très sûre que les registres de l'Etat Civil valideraient les prénoms sus-mentionnés!!!
Surtout avec un patronyme du type "Hainenrire"!!!}
PS: Je jure sur la tête de "Mon Tout" que je n'étais pas derrière un clavier ce soir!
Implosion
Je crois que j'ai trop réfléchi cette fois...Je crois que j'ai un peu trop repris de cette merde en poudre... Je crois que mes neurones ont explosé....Jusqu'à saigner par les yeux.
Putain, c'est bon quand même...
Je sais qu'il ne faut réfléchir après un snif, mais j'ai pas pu m'en empêcher cette fois-ci.
Mais je crois que ma vie me fout trop la gerbe aujourd'hui. Et j'ai déguelé en pensées pendant un snif.
Je crois que je sais où tout ça a commencé.
Ce matin, je pars du bel appart' snobinard de mes connards de riches de parents du XVIème. Je vire la chemise CK, place au T Shirt, je le débraille, et je mets mon bonnet. Mon père a gueulé, mais j'ai finalement pu garder les cheveux longs. Quelle victoire, mes amis !!
La carapace sociale dans laquelle je suis né commence à vraiment me faire chier. Marre du protocole, marre de bien parler, marre de devenir avocat, marre du sourire social.
Et ce matin, plus que les autres jours. La lune, peut-être, j'en sais rien...
Ca couve au fond de mon crâne en tous cas. La connerie. La grosse.
Je vais pas aller en cours ce matin, je vais sécher mon bel avenir. C'est bon ça.
Je vais aller voir mon pote, ou mon fournisseur, je sais plus, on passé tellement de nuits à se défoncer ensemble, que je sais plus comment je dois l'appeler. On a tous une façon de fuir sa vie, même quand on grandit le cul dans la soie.
Et je me fais mon petit rail du matin.
Et là, je sais pas pourquoi, ça se passe pas comme les autres jours.
Je me mets à penser à mon avenir. Avocat. Pognon. Grande Ecole. Pété de thunes. Balai dans le cul. Cul dans la soie.
Putain, c'est pas mon avenir, ça.
Allez, j'essaie de m'en imaginer un. Avec la dope, ça doit être plus facile. De quoi j'ai envie comme futur ? Allez, réfléchis. Réfléchis, putain !!!
J'y arrive pas. Ca vient pas. Merde. Merde. Merde. Je suis même pas foutu de m'imaginer un avenir. Ils m'ont formaté si bien que ça ? Je viens de comprendre un truc grave (ou je me fais un bad trip, je sais pas) : je n'ai pas la capacité de rêver...
Merde, c'est super grave ça.
Et là, sueur froide.
Je commence à me sentir franchement mal.
Je lui fais quand même mon plus grand sourire (le social qui passe bien partout), histoire de le rassurer, mais mes connexions sont en train de cramer. Je sens mes dendrites griller une à une comme une mêche de dynamite, je sens la grillade neuronale progressive arriver dans mon premier neurone et le faire exploser de l'intérieur. Puis, Je sens les mêches se répandre de dendrite en dendrite, dans tout mon réseau cérébral. Je sens mes neurones exploser un par un.
Dans ma troche, c'est Elephant Man équipé comme un kamikaze d'Al Quaïda. Avec des malformations immondes qui font de moi une erreur de la nature. Destruction complète en extension dans mon cerveau. Morceau par morceau. Malformation par malformation.
Je suis la Mouche qui retourne dans son Pod pour se finir. Et qui ramasse son bras pour qu'il explose aussi. Tiens, je suis fan de SF, c'est vrai ça. Je comprend mieux pourquoi maintenant...
Je vais crever en me refaisant le film pas fantastique de ma vie
Je sens mon visage de bobo se figer dans ce sourire social crispé. Même le Joker n'a pas fait mieux, j'en suis sûr.
Je sens mes yeux se révulser. L'Exorciste. Je ne vois plus rien, ils sont en train de se remplir de sang. Sors de moi, sale bobo de merde. Et finalement, ils explosent. Alien. Je sens le sang couler sur mes joues, mais mes commandes motrices ont cramé aussi, et je ne peux pas bouger pour m'essuyer.
Je ne vais même pas me voir crever.
Je ne sens plus rien, ça y est.
Il fait noir et, ah si, je sens mon coeur battre.
POUM - POUM
POUM - POUM.
Je ne deviendrais pas comme vous...
POUM. POUM
Allez tous vous faire foutre.
POUM -
10 février 2008
Vous croyez tous savoir ce que je pense. Facile tant ma vie parait banale : boulot propret, dodo douillet, soirées mignonnettes entre potes …Gentillesse et joie de vivre. Mais je sais que vous vous trompez, moi seule connais tout ce bordel dans ma tête. Non je ne suis pas celle que vous croyez, je suis la pire des femmes, la pire des infâmes, et si je souris encore c’est juste pour essayer de me supporter. Je n’aime personne, je ne sais pas. L’amour n’existe plus. Comme beaucoup, mon « régulier » me sauve socialement. Mais moi je vous veux tous : le voisin, l’ami, le marié, le vieux, le prépubère, le cousin…tous ceux qui me donneront le frisson, qui me rappelleront que je vis encore….je vous aimerai puis vous quitterai dès que le quotidien vous aura fanés. Je cours après la vie comme si elle m’avait oubliée depuis longtemps, je profite de vos corps messieurs, je vis par procuration vos histoires gonflantes et superficielles mesdames, je me noie dans la musique qui m’extirpe encore quelques sentiments… Je me suis droguée, je me suis scarifiée, je me suis phlébotomisée, pour essayer de ressentir enfin, mais rien : pas une larme, pas un cri. Et pourtant j’ai honte de tout vous cacher, j’ai honte de vous utiliser, j’ai honte de ne pas savoir donner, j’ai honte de ne savoir que souffrir, j’ai honte d’exister…J’ai tenté de comprendre, mais je me suis perdue à l’intérieur de moi-même …Pas un instant de répit, que des questions, plein de questions, trop de questions…Qui est cette personne dans le miroir ? Elle porte mon prénom, elle porte mon nom, elle a l’air si normale…Mais putain qui c’est ? Une folle, une salope, une violée, une intello, une ratée, une désirable, un boudin, une petite fille, une marginale, une femme, une dépressive, une vieille? En tous cas une écorchée enfin heureuse de pouvoir partir en paix. En vous remerciant ! (Sourire social).
Je savais bien que le Père apprécierait pas mon nouveau maquillage, mais de là à faire ça... Putain, quel vieux con ! Il ne s'est même pas rendu compte de la tête de boucher qu'il a, lui ! Il est sympa, mon sourire. Bien dessiné, tout gai. Ferait mieux de s'en inspirer de mon look, vieux débris, va.
La mère, elle avait pas vraiment tort de me dire de ne pas aller le voir tout de suite, d'attendre juste un jour ou deux. D'attendre. Ouais, moi j'voulais bien attendre. Mais faire quoi en attendant ? A Marny la Plaine la seule distraction c'est le dernier convoi de vaches. Une bouse, un meuhhh, une bouse, dix mouches, une vache. Et y'a même plus de chien. Attendre un jour ou deux. J'ai pas attendu. P'tain, ils devraient être contents que j'vienne leur rendre visite, les vieux.
Je l'ai entendu hurler. J'my suis jamais fait. Un hurlement comme celui d'un môme qui s'fait écraser la main dans une portière. P'tain, quel vieux con. Toujours à vouloir faire ça comme avant. Avec le couteau bien affûté . Et l'cochon qui hurlait à la mort.
Quand j'suis arrivé, il a sursauté. Comme si c'était lui le cochon qu'ils avaient égorgé et qui avait encore des soubresauts. Le cousin il a éclaté de rire et m'a traité de tapette. Le Père ça lui a pas plu. Moi, j'men fous, de c'qu'ils peuvent penser, ils sont rien pour moi. Rien. Mais le Père, il supporte même pas ça. Son fils avec du rouge à lèvres. Ouais, comme une lopette, il a dit. Il m'a arraché le bonnet d'un coup. Et il y a versé une louche de sang encore tout chaud. Et le cousin il me l'a enfoncé sur la tête en riant comme un goret. Les cons.
M'en fous, ils auront pas de boudin cette année. Ils l'achèteront au boucher. Tout le village va rigoler en parlant du sang du cochon sur ma tête de tapette. Mais l'Père, c'est lui qui aura le rouge au front. Lui.
Et j'ai été pisser sur ses oignons avant de partir. Les pommes, c'était trop haut.
08 février 2008
Semaine 23
Frome HERE
Next Week sur nos programmes,
Oviv vous remontera le moral


