Kaléïdos-coop

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23 janvier 2008

Ta bague au (3è) doigt

J'ai regardé rapidement autour de moi avec les yeux de la colère. Et je crois bien que ce qui restera de nous deux tiendra dans ce joli écrin. Un jour.
Une bague, que je ne porterai plus.

J'ai touché du bout du doigt - celui du dégoût - nos draps sales. Et je me suis demandé si je dormirai seule dedans. Un jour.
Mais seule, non, je ne crois pas. Pas dans ces draps en tout cas.

Il y a des histoires qui prennent de la place. Il y a des histoires qui collent longtemps à la peau.
Pas la nôtre.
Pas la nôtre.

Notre histoire s'effacera d'un revers de la main. Un jour.
Comme tous ces films pas extraordinaires, toutes ces histoires trop ordinaires qu'on a vus ensemble. Puis oubliés. Sans la touche d'arsenic ou de nitro qui te les font rester sur l'estomac. Longtemps.

Nous deux c'est juste ça. Un enchaînement de jours et de nuits.
Je ne me sens pas plus belle qu'une autre, quand je vois mon reflet dans tes yeux.
Je ne me sens pas plus belle qu'une autre dans ta bouche qui parle de moi.
Je ne me sens pas plus belle qu'une autre à ton bras, dans le regard des passants.

Remettre cette bague dans son écrin. Et partir. Vite.
Vivre.

Posté par incredibleMe à 09:38 - Semaine 20 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 janvier 2008

Boite à boites.

Conte pour enfants.

" Je me souviens de cette vieille boite à chaussure qui me servait de dépotoir.

Quelques lettres pliées en 32, quelques billes irisées, un petit bijou de perles nacrées, un trombone violet retenant un chardon séché, une poignée de vieilles photos, une mécanique à musique, des cartes postales postées avec leurs écritures enfantines, une toupie, un petit miroir cassé, un bouton rouge naïf, un briquet tempête à jamais éteint, le badge d’un slogan improbable, un ruban de velours noir, un dé en ferraille rouillé, et encore tout un tas de choses rêvées dont je ne me souviens plus bien.

Mais il y a longtemps.

Et puis un jour j’ai arrêté de collectionner les souvenirs, je me suis mise à collectionner les rêves, plus vivants. J’en avais des grands, des petits, des drôles, des doux et des tout-en-un pliés en 9 789 518 494 432.

Alors j’ai cherché longtemps ce qui pouvait servir d’écrin à tout ça. Mes rêves ne rentraient plus dans une boite à chaussure pointure 39.

J’ai essayé mille boites. Mais aucunes n’étaient vides. Toutes recelaient déjà quelque chose. Même celles tout juste achetées sous vide étaient pleine de ce qui n’était pas moi. Pleine de ce qui ne m’appartenait pas. Pleines de broutilles dont je ne ferais jamais rien. Bien sur je pourrais te décrire toutes celles que j’ai essayées, toutes celles qui m’ont trompée de leurs si jolis atouts, toutes celle en qui j’ai cru joliment…

Mais il en est une. Une seule. Celle-ci.5921030



Ce fut elle que je choisis un jour de pluie au travers d’une vitrine grisée d’ancien.

Ce fut celle qui était vide de tout contenu. Vide des autres, prête à happer tout mes secrets rêvés. Elle qui fut ouverte à toutes mes éventualités, à mes frissons, à mes ondes légères, elle seule qui sut qui j’étais, qui je suis, et ce que seront mes demain. Elle qui, bouche ouverte, mange et englouti les secrets en argent qui portent ma marque de fabrique.

Moralité

Les rêves de grandes personnes prennent moins de place que les rêves d’enfants.

Mais il faut leurs trouver l’écrin adéquat pour qu’ils y vivent sereins et qu’ils puissent y faire beaucoup d’enfants."

- Aller hop ! Au dodo ! Il est tard maintenant et demain on doit se lever tôt mon bonhomme !

Dors bien mon grand.

- Dis maman, ça se plie les rêves ?

- Bien sur ça se plie ! C’est bien la seule chose qu’on peut plier sans risquer de l'endommager d’un mauvais pli.

Posté par _epsilon_ à 20:30 - Semaine 20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

La boîte à bijoux

(juste pour faire mentir Littlesimon - tiens, j'en profite pour te saluer !)

Il y a des hommes qui ont ce talent-là.
Ils emballent tes pensées essentielles dans de jolies attentions. Toujours délicates, souvent parfaitement justes.
Ils mettent un brin de poésie dans ton quotidien.
De courtes phrases sincères jetées sur des papiers au grain improbable, glissés dans des enveloppes faites de bric et de broc.
Des références intimes saupoudrées sur la banalité.
ça fait pousser la connivence. ça fait grandir la dépendance.
Les réveils tendres - petit-déjeuner maison, bouquet de fleurs sauvages, musique appropriée, plans pour la journée - ça fait oublier trop vite les disputes de la veille.
Ils écoutent. Ils savent exactement quel cadeau choisir pour te faire plaisir. Ils sont attentifs à tous tes manques, connaissent tes goûts, anticipent tes envies.
Ils effacent tes doutes, endorment tes soucis et s'offrent un surcis.

Et puis il y a les autres.
Je m'en moque que tu n'aies pas su pour cette boîte à bijoux.  Peu importe si celle que tu as choisie, finalement, ne me plaît pas beaucoup. Tu n'as pas ce talent-là, mais le quotidien avec toi n'a pas besoin d'être emballé.

(se met un doigt au fond de la gorge ...)

Posté par incredibleMe à 15:45 - Semaine 20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Où est le cœur de cendrillon ?

Ta boite est vide misérable
Tu as failli.
Où sont tes mots, hein ?
Tes promesses que jamais tu n’as formulé…
Tes yeux me les disaient pourtant.
Tu me voulais à toi, tu transpirais le désir
Tu me dégoûtes.

Eunuque.
Sans couille.

Tu ne vois rien.
Je voulais le sang de Cendrillon!
Son cœur palpitant, baigné dans son sang.
Je voulais que de la vierge tu fasses une femme
Que tu lui prennes le cœur, que tu fasses couler son sang
Que tu la fendes.

Mais ton bras n’a pas eu la force.
Tu rêves et tu t’agites dans ton sommeil
Tu ne vois rien à la vérité brute.
Rien.

Tu peux couiner dans ton coin, je ne viendrais pas te chercher.
Tu peux me frapper maintenant, tu n’auras que mon sang sur le dos de ta main.
Mais sur ton ventre, jamais.

Je te hais, je te méprise.
Tu es faible d’aimer aimer.
Seul avec ton même.

A cause de toi, je resterai princesse.
Et jamais ne deviendrais reine.

 

Posté par ASH_SCM à 14:04 - Semaine 20 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Visiteur

Je crois que vous n'auriez pas dû ouvrir cette boîte.

Avant tout, je me présente, je m'appelle Thot, et je suis né plus de 120 000 lunes avant votre ère. Et contrairement à ce que disent vos écrits, je ne suis pas un Dieu, je suis un humain, tout comme vous.

J'étais dans cette boîte pour accomplir ma mission.
A la fin de ma vie incarnée, les miens ont considéré que l'aptitude que je possédais (liée à l'écriture, à la parole et à l'intelligence, cette définition de votre Wikipédia étant quant à elle exacte) était primordiale pour la race humaine et devait rester ici bas, même caché, même infime. J'ai alors accepté de laisser ma vibration dans cette boîte. Le but étant qu'à la fin du cycle humain, mon aptitude permette une réapparition de la conscience et réamorce un autre cycle.
En ouvrant cette boîte, cette archéologue m'a libéré de mon silence.
Alors autant laisser une trace de mon passage.
Autant vous dire où nous en sommes aujourd'hui, avant de commencer un autre cycle.

Comme prévu, le monde est en déclin.
La technologie que vous possédez, vos sciences et vos avancées dans l'infiniment grand et l'infiniment petit, votre civilisation dans son ensemble est une illusion de sommet. Vous êtes le déclin de l'évolution. Votre esprit d'Homme s'éparpille. Il se substitue. Il se conforte dans la facilité. L'Homme n'est quasiment plus, l'esprit est consigné dans une culture matérialiste, il est oublié au profit de la machine. La quantité prime sur la qualité, l'argent prime sur l'âme, l'esprit humain est dissous dans un système rationnel qui finira inexorablement. Ca se passe comme ça depuis beaucoup plus longtemps que vous ne pouvez le concevoir.
Par une catastrophe naturelle, une guerre mondiale ou un crack monétaire, mais je ne suis pas décideur de cet acte.
Mais tout cela va finir, pour la seul raison que l'esprit humain est agonisant sur son lit de mort.

Vous ne le comprendrez peut-être pas, mais les aptitudes humaines suivent un cycle dont votre monde actuel est la fin. Elles ont été à d'autres époques bien supérieures à celle que vous pouvez connaitre aujourd'hui. Mais l'ego ayant toujours constitué un danger au pouvoir, il amène inexorablement une fin, celle dans laquelle vous êtes entrés. Nous nous devons donc par prudence de prévoir un autre début, ce qui explique ma présence ici.

La civilisation humaine se développe, atteint des sommets de connaissances, d'aptitudes et de capacités, puis décline le jour où un égo prend le dessus. Celui-ci veut le contrôle, le pouvoir, et amène inexorablement la destruction et la fin.
Et il faut recommencer. C'est ainsi. Et cette fois ci, c'est mon tour d'être le début.

Quant à vous, vous ne le savez pas encore, mais vous êtes la fin.
La plénitude du cycle a eu lieu bien avant votre siècle. Vous pensez que les pyramides d'Egypte ont été construites avec des technologies inférieures à celles que vous possédez aujourd'hui. Vous faites erreur. C'était l''époque de plénitude. Tout était équilibré, harmonieux, l'Homme était puissant et sage, assimilé à son environnement, et avait développé  des aptitudes dont vous ne pouvez plus concevoir l'amplitude. Puis, un Grand Ego a fait surface, une équivalent de votre président Français, à une puissance de notre époque. A partir de cette première concentration égocentrique, le pouvoir, le contrôle et la destruction ont commencé. Depuis lors, nous déclinons.
Par ailleurs, vous faites également erreur sur les Statues de l'Ile de Pâques. Vous n'avez aucune idée du mode de construction de ce monument, ou de son but.

Le cyle dont vous êtes la fin dure depuis plusieurs de vos siècles, vous faites erreur en pensant que vous en êtes le sommet.
Très peu parmi vous ont hérité de ces aptitudes issues des savoirs précédents, mais ils ont provoqué des changements importants dans votre déclin. Jules César avait une aptitude supérieure à la persuasion de l'âme. Adolf Hitler également. Celui-ci était d'ailleurs programmé pour être la déclencheur de la fin, mais il a échoué. D'autres aptitudes puissantes subsistaient alors et ont stoppé ce chemin du monde.

Cependant, j'ai pu constater que certains de vos humains développe dans une petite mesure ce que nous maîtrisions autrefois parfaitement.
Certains ont acquis l'aptitude à la longévité, et dépasse à ce jour allègrement les 150 années de vie humaine, mais ils ont choisi à juste titre de rester cachés.
Certains se sont ouverts à la notion d'énergie et du pouvoir de l'âme, comme ceux que vous nommez Bouddha ou Jésus, mais ils ont mis une vie complète à acquérir ceux que nos enfants maîtrisaient dès leurs premières lunes.
Tous vos marabouts et rebouteux, certains médecins, sont un reliquat de l'aptitude à soigner. Ils ont oublié l'Homme dans son ensemble, et sont aujourd'hui amener à ne panser que quelques plaies trop saignantes.

Ces aptitudes vous survivront, et c'est ce qui compte.

Compte tenu de ce que j'ai pu observer dans votre monde, je pense que j'ai été libéré trop tôt. VOus n'avez pas encore atteint la destruction totale de l'âme. Cette lettre va donc en attendant cette fin remplacer ma présence dans cette boîte, et je vais aller me cacher ailleurs.

Avant que vos scientifiques ne passent pas plusieurs années à chercher à comprendre comment j'ai écrit sur cette feuille, je leur dit simplement que j'ai provoqué des micro brulûres sur la cellulose. Ce qui explique l'aspect noirci des lettres et l'absence d'encre. Libre à eux d'accepter cette explication, mais j'en doute...

Une personne fera son apparition un jour, et mettra fin à ce monde,
dans une centaines de vos années je présume. A moins que la catastrophe naturelle ne soit choisie, comme cela arrive quelquefois.

Mais dans les deux cas, vous comprendrez que c'est fini.

Quant à moi, je viendrai après cette fin, pour recommencer.

C'est la nature humaine.

Malheureusement.

Bonne chance à vous.

Posté par littlesimon à 12:58 - Semaine 20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 janvier 2008

Retiens ton souffle

Cinq ans après j’ouvre la boîte

Que l’on m’a rapportée

Un matin de février

Un jour plein de promesses

Un jour plein de tendresse

Le dernier jour de ta courte vie.

Ta moto, le virage, la camionnette

La surprise, ton visage, l’accident bête.

Et ton corps projeté

Sur la route de février…

Ton corps qui roule sur la chaussée

Une boîte qui roule jusqu'à tes pieds

Puis qui s’éventre dans le fossé

Tes yeux qui s'entrouvrent, figés.

Ecrabouillé, écartelé, éparpillé,

Incinéré, crématisé, carbonisé,

Ecarquillée, éclaboussée, escarrisée,

Déboussolée, déstructurée, désintégrée.

Ecrasé, étouffé,

Emiettée, étalée,

Estompée, effacé.

Aplati,

Engloutie.

Anéantis.

Aujourd’hui enfin c’est décidé

La boîte me livrera son mystère:

A l’intérieur flotte un papier

« Ma princesse, je crois que je suis prêt à devenir père ».

A Fred…

Posté par Hoki à 22:06 - Semaine 20 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

On a beau dire.

Le luxe, c’est mettre en boite bien joliment.

Ça claque la gueule comme une bouche ouverte pleine de morsure.
J’aime ça.

Le top du top, c’est de sertir tout ça avec gout.
Avec rouge.
Avec beauté.
Avec perfection.

Une morsure bien chiadée.
Sur laquelle il n’y a rien à redire.
Juste la fermer.
Lesyeux écarquillés de surprise.

Posté par InkRed_ible à 19:18 - Semaine 20 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 janvier 2008

semaine 20

5921030

Next for B_Walsh!

Posté par InkRed_ible à 11:04 - Semaine 20 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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