31 octobre 2007
Et ben moi un jour…
J’ai 5 ans et je veux conquérir le monde.
Le monde est vaste.
C’est mon école, la femme de ma vie à venir et la cour de
mon immeuble.
Y a aussi le quartier de la rue de l’Université, mais là, c’est
le royaume des trop grand pour moi. Faut avoir des ambitions à sa mesure, et
moi c’est à peine le décimètre ma mesure…
Mais pas question de régner sur tout ça à pieds.
Il me faut un symbole, la marque de mon autorité divine sur
mon royaume !
Rêve de puissance.
Ca commence toujours comme ça.
La mienne est plus grosse.
Ma bille, ma bite, ma petite voiture, mon épée, ma trousse…
Elle sera rouge, rutilante.
Basse et sportive.
Décapotable… évidement.
Comme celle de Magnum.
La moustache vient, j’en examine soigneusement chaque matin
la poussée …
Mouais…ça avance pas beaucoup je trouve.
C’est long, laborieux même.
Elle reste vague, demande des délais de livraison…
Je trépigne. J’insiste.
Rouge et rutilante !
Pas avant décembre ?!!!
Inadmissible.
Comment veut-elle que mes sujets du troisième étage me
respectent dans ces conditions !
De quoi ai-je l’air ? Se rend-elle compte de ma
situation...
Un monarque sans destrier, c’est comme des patins à
roulettes sans roulette !
C’est comme Magnum sans moustache !
Les mois passent, pas mon désir.
Plus un regard pour mon vieux vélo.
Je dédaigne mes feutres.
Je boude…
La reine mère ne capitule pas….
C’est bien une mère de roi !
Enfin il fait froid, même dans l’appartement.
Les rues de couvrent de givre.
La Devalada mérite son nom perdu…
Le sapin est là, un peu déplumé peut être, mais à son pieds
un énorme paquet…
J’arrache les papiers cadeaux, frénétique.
Enfin le rêve rejoint la réalité.
...
« Elle est même pas rouge…en plus elle est toute
vieille »
Ma mère se fige.
L’air est froid subitement…
Elle pleure.
L’enfant est la pire saloperie que je connaisse…
Joyeux noël !
30 octobre 2007
Que reste t il ........???????
Moi pauvre carcasse .....je me retrouve dans ce champs pour effrayer je ne sais quel oiseau de malheur .....Je rouille surtout ...
Et je songe au temps du bonheur..... quand les enfants du village tiraient à courte paille pour savoir lequel pouvait descendre la grande rue à mon volant .....Et moi pardi!!!!!!!!! j 'étais fier de voir tous ces minots s agiter autour de moi telles les abeilles avec le miel
Et combien de chutes ai je vécues .....Combien de genoux écorchés et de larmes ai je essuyés
Le petit Jean s'est fait gronder un dimanche pour avoir chapardé une peau de chamois dans le garage du père Louis ..... Il voulait que je brille de mille feux le pauvre gamin ......
Mais ce que j 'aimais par dessus tout c'était les ornements de feuilles et de fleurs que m accrochait un peu partout la petite Marinette .....Elle m appelait sa jolie tomobile et voulait que je sente bon ....
.Mais les gars du village n'appréciaient pas ....J' étais leur joujou .....leur bolide fendant l'air et la poussière ....
Mais que reste t il de tout cela .....??????.Quelques chocs????, quelques marques de rouille ...?????autant de cicatrices, témoins de ce temps lointain où le bonheur voulait encore dire quelque chose
Et c est la carrosserie pleine de rêve et de souvenirs que j attends ma fin dans ce champs vide de rires d 'enfants et vide de sens
29 octobre 2007
Jeux d'été
Je me souviens de ces étés chauds et remplis de soleil dans les champs, à se courir après dans l'herbe jaunie, et à s'en gratter les molets jusqu'au sang dans la cabane à cause des puces et des tiques. Je me souviens de ces herbes bizarres dont je n'ai jamais connu le nom que l'on tirait sur toute leur longeur, arrachant ces petits missiles végétaux que l'on lancaient, qui restaient accrochés au t-shirt, et que nous comptions après la bataille pour savoir qui était le plus mort d'entre nous. Je me souviens des goûters préparés par ma grand-mère, abandonnés innocemment sur la table de la cuisine, et que nous venions chiper discrètement pour les déguster en cachette dans notre cabane; je me rappelle des bermudas salis, des bouts de bois transformés en épée, des cailloux collectionnés en trésors de guerre.
Je me souviens surtout des histoires entières de chevaliers et de vengeurs masqués, de bandits et de justiciers, surgissant de derrière le buisson pour aller sauver ma petite soeur, alors prisonnière de mon cousin pirate qui l'avait prise en otage dans son camp retranché entre le sapin et le buisson du fond du jardin. Nos après midi de vacances d'été étaient remplis d'histoires et d'imaginaires, on révaient éveillés toutes les vacances pendant nos jeux d'enfants entre cousins. Ca semblait interminable, et on ne voulait pas que ça se termine.
Puis un jour, elle est arrivée.
Cadeau de mon grand-père.
LA voiture. LE carosse. LA révolution.
Il l'avait même prise en photo tellement il était fier de son cadeau.
Très rapidement, les histoires ont changé. Des chevaliers et des pirates, nous sommes passés aux pilotes et aux champions. Nous nous sommes accparé le nouveau jouet. Nous avons fabriqué autour de cette voiture un circuit entre les arbres,entre les obstacles en planches et les pierres. Le jeu s'est structuré de lui-même. Nous courions par deux, un qui poussait, un qui pilotait, et on comptait le temps avec le vieux métronome de ma grand mère.
Et incidieusement, nous sommes passés à la compétition.
Mon cousin et moi, les deux aînés, gagnions tout le temps, et nous sommes devenus les champions à abattre. Je courais vite, et il pilotait bien. Le tandem fonctionnait à merveille. Face à cette suprématie assez vexante au fil des après midis de championnat estival, mon frère a rameuté un jour un voisin assez balèze. Mon frère étant de petit gabarit, donc léger, et le voisin étant puissant, il nous ont finalement détroné. Leur binôme fonctionnait mieux que le notre, et on ne trouvait pas de solution pour les battre. Ca a duré plusieurs jours. Puis ma soeur, fille qu'elle était, et vexée de perdre encore plus tout le temps que nous, a dragué - si l'on peut appeler ça draguer à 9 ans - le colosse du village (il avait 12 ans) pour finalement réussir à faire un binôme qui a réussi à nous battre tous. Elle était super fière. Et nous, on était super vexés. Plus le temps de chiper le goûter, il fallait qu'on trouve le moyen de la dépasser. Alors on a commencé à mettre en place des stratégies, des sortes d'entraînement et des coalitions d'intêret avec mon frère qui nous permettraient de détôner l'ennemi fraternel.
Ces jeux ont duré comme ça jusqu'à la fin de l'été. Mais les choses avaient changé. Les jeux avaient changés. Les sentiments avaient aussi changés. Je crois que c'était plus intense, plus dense, mais moins fraternel, moins réveur. J'en ai supposé que c'était normal en grandissant, que c'était la fin d'une époque de l'enfance. A la fin de l'été, nous sommes tous repartis chez nous pour l'école, attendant avec impatience l'été suivant pour reprendre la compétition.
Et début juillet de l'année suivante, de retour chez ma grand-mère, la voiture n'était plus là. Mon grand père a dit qu'il avait roulé dessus sans faire exprès en rentrant le tracteur dans la grange. Nous avons après quelques jours de regrets, repris nos bâtons et replongé dans notre univers de pirates et de justiciers. Le regret a vite disparu, et la cabane, les goûters, et les bâtons ont repris leur place, et nous ont occupés l'esprit jusqu'à ce que nous hormones d'adolesents fassent changer nos centres d'intérêts.
Là par contre, les choses ont vraiment changé, et de manière irréversible. Mais là, c'était naturel.
C'était une belle idée de cadeau que cette voiture moderne, mais je crois qu'il en a compris l'influence bien plus que nous, et il a fait le choix de nous la supprimer.
Je ne sais pas aujourd'hui ce que ce cadeau aurait changé et finalement, je préfère ne pas le savoir.
26 octobre 2007
Semaine 8

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*désolée pour le temps qui manque en ce moment mais je suis là!

