18 octobre 2007
Bleue comme la Terre
Les gars, je sais, je me répète, mais c'est super que vous soyez là. Six mois que je vous attendais. Six mois que je me raccrochais à cette photo qui n'a pas brûlé dans l'accident.
Quand j'ai perdu le contrôle du vaisseau, sur cette foutue planète rouge, je n'ai pu sauver que la malle de comprimés repas, et cette photo. Les gars, c'est super d'avoir envoyé une expédition pour me retrouver. J'y croyais plus, je pensais que la base m'avait classé en disparu.
Six mois ! j'ai cru devenir fou. Avec tout ce rouge partout. Rouge. Les lunes, rouges. Les rochers, rouges. Et ma combinaison spatiale, rouge. Rouge, rouge, rouge... Alors vous imaginez bien que je devenais fou, moi. Avec ce sang rouge partout, comme un caillot géant.
Quand je l'ai retrouvée, intacte parmi les débris... la photo... 
Regardez comme elle est belle, et d'un bleu tellement lumineux...
bleue comme notre belle planète Terre,
bleue comme ses Océans,
bleue comme ses yeux...
Heureusement que je l'avais.
Sinon je crois bien que je serais devenu fou au milieu de tout ce putain de rouge.
17 octobre 2007
Rouge comme toi
Le soleil ...
.Bien sûr faut se protéger les yeux .....Mais moi je les voulais originales mes lunettes .....Puis comme j ai les idées noires je me suis dit que ce serait bien d'avoir les verres roses .....Alors je me rends chez mon Optichien préféré et je lui commande des verres roses .....Ah ma petite dame me répond il le rose c est passé de mode .....entre nous je vous le dit ça fait mièvre ...En plus j en n' ai plus .......En revanche la tendance va aux verres rouges .....Et puis avec vos cheveux bruns le rouge ressortira ......Bon tournée et retournée comme une crêpe j accepte non sans mal les lunettes aux verres rouges ......
Toute contente je les porte sitôt dehors mais je me suis mise à voir les gens et le ciel et tout .....rouge ......c est gênant pour conduire je m arrête jamais
Mais le pire c est qu en plus les gens m apparaissent différents ....Comme si je plongeais dans une autre dimension ......Tout se mélange dans ma tête ......Enlevez moi ces lunettes qui me contrôlent
S O S une femme en détresse 3615 lunettes vampirisantes
Film de guerre
Je crois qu'un travelling avant vers cette lucarne conviendrait bien pour mon début de film.
Un long plan travelling très lent vers cette fenêtre, un truc à la Kubrick.
Je le vois bien comme ça le début de mon film.
Ambiance rouge, version guerre. Ca va me rappeller le boulot tiens, mais comme je suis coincé là à attendre, autant me faire un film à moi.
Ma caméra avance donc lentement vers la fenêtre, puis j'entre dans le champ, elle me suit dans mon plongeon, version Matrix 2 quand elle saute par la fenêtre de ce building...
Tout cette séquence au ralenti, bien sûr. C'est plus classe...
Avant de sauter, j'avais bien sûr déjà repéré le mec qui passe en bas, les trois qui sont devant la porte d'entrée, celui qui est à l'étage, et un autre posté au pied de mon bâtiment.
Je suis plaqué contre le mur, mon gun est prêt, je joue à la guerre. Et c'est parti. Mini salto, je retombe sur mes pieds. Plan fixe entre mes jambes, la caméra attendait ma chute. Sergio Leone. Version far west.
Je dégaine 1 des 3 paires de flingues que j'ai sur moi, j'en ai un dans chaque main, et la caméra recule derrière moi jusqu'à m'avoir en entier dans le centre de l'image.
Je suis immobile au centre de la petite place, prêt à tirer sur tout ce qui bouge. J'attends mon moment, je suis le cow boy qui va dégainer.
Je tourne la tête. Du coin de l'oeil, je vois l'homme posté au bas du bâtiment derrière moi, il s'apprête à dégainer. Je tire dans mon dos, à l 'aveugle. Plan de face sur l'homme qui se retrouve projeté au travers de la vitre. Et la bataille commence. Je roule sur ma gauche, la caméra derrière moi suivant ma roulade latérale. Durant celle-ci, j'abats l'homme qui marche dans la rue. Le travelling continue. Je me relève et j'abats les trois hommes dans l'entrée. Plus de balle. Gros plan sur mon chargeur vide tombant au sol. Puis autre gros plan quand je recharge.
Le dernier homme est planqué là haut, il n'a pas eu le temps de tirer parce que j'ai été trop rapide pour son arme, faite pour la précision. J'arme au ralenti vers la fenêtre pendant que la caméra tourne autour de moi.
...
Merde. Il sort du bâtiment. Retour à la vraie guerre. Bagdad. Encore un capitaine de l'armée à descendre, j'en ai marre de cette guerre. J'arme mon fusil à lunettes, calmement, je me recentre, et je prends une grande respiration.
C'était mieux dans mon film.
Uchronie
Merde, merde, merde !!!
Jacobson avait raison, ce con est en train d’essayer de se casser !
Tous les voyants sont au rouge,
la capsule Uchronique
vibre de sirènes d’alarme qui retentissent en continue depuis trois minutes…
Déja pas trés confortable, la machine devient invivable en cas d'alerte, ch'uis sur qu les tecknicos l'ont fait exprés pour que je me bouge le cul.
Remonté 32 siècles n’aura pris que quelques instants, trouvé
le lieu exact de l’incident, quelques minutes.
Analyser le contexte pour trouver la source potentiel d’anomalie
temporelle, puis contrecarrer celle-ci, ça c’est ma partie, pas celle d’un
supercalculateur.
Athènes. 399 BC
Le procès de Socrate et sa condamnation.
…
Le vieux prépare un truc, c'est sûr, son mignon joue trop la tapette...
J’ai vu Platon sortir, accompagné de Criton, le supportant dans
la peine qui les touche un peu trop ostensiblement…
Jacobson m’informe par télécran que Socrate doit boire la
ciguë d’ici une heure…
Mais moi je le vois qui rassemble ses affaires, paniqué…
Son front dégarni, son nez épaté, presque bossu… pas
étonnant que les athéniens l’aient accusé de corruption de la jeunesse, z’ont
jamais pu supporter la laideur ces corniauds.
Donc le vieux va essayer de se casser en douce. , si jamais quelqu'un se souvient seulement de lui...
Je le comprends, mais s’il fait ça, bonjour le bordel pour
les 28 prochains siècles.
De philosophe héros, il passera à la postérité comme lâche
et imbécile.
Platon ne pourra jamais écrire ses dialogues, des pans entiers de la philosophie ne verront jamais le jour, l’éveil humain au concept prendra presque un millénaire de retard...
La révolution française sera catholique, Hitler un prince protestant, Staline un pope orthodoxe… merde j’oublie toujours que Staline était pope !!!
Je ne subirai jamais les années d’entraînement mental, de psychogénie
profonde qui m’ont permis de me connaître, de comprendre mes fonctionnements
mentaux et de les accepter.
Merde ! Je pourrai plus jurer sans rougir, c’te blague !
Tout ça parce qu’un vieux à le désir de vivre, même deux ou
trois ans de plus, plus chevillé au corps que son enseignement…
Bel exemple !!!
Tant pis.
Une décharge micro-onde, plus tard, ou plus tôt…
Socrate s’effondre, la coupe lui échappant des mains…
16 octobre 2007
Voyage sans filtre
D'abord, il y a mes attentes.
Qui me poussent à dédramatiser exagérément. À chercher le positif dans toute chose. Par principe. Pour ne pas avoir à admettre ma contrariété. Ou pire, ma déception.
Il y a mes peurs et mes appréhensions.
Que je m'efforce de surmonter, écarter ou ignorer. Par orgueil. Pour ne pas être réduite à mon statut de touriste.
Il y a la langue.
Que j'essaye d'apprivoiser. Toujours. Le minimum ; les formules de politesse. Puis un peu plus. Le nom des plats, les phrases que je mémorise et tente de répéter pour demander mon chemin.
Il y a aussi mes préjugés.
Qu'il est difficile de balayer. Que je renforce inconsciemment à chaque occasion.
Il y a mon ignorance.
Que je voudrais réduire. En ouvrant grand les yeux, les oreilles, en respirant très fort, même quand ça sent la merde ; en me laissant pénétrer - même quand l'issue est pénible, en goûtant à tout, en l'admettant.
Il y a mes humeurs.
Mon moral qui monte par l'escalier et descend en ascenseur. Un jour je me sens chez moi, je nage en pleine évidence. Le lendemain, je me demande ce que je fais là.
Et il y a les limites de ma conscience.
Ce que je peux accepter sans tiquer. Ce qui heurte. Ce qui tape mes tripes, me brûle le gosier, rend difficile la déglutition.
Il y a mon statut de touriste.
Qui fait de moi un portefeuille mobile. Une face de pigeon sur un corps de femme. Le Minotaure de la couillonnade et des quolibets.
Et malgré tout ça, malgré tous ces filtres, j'adhère. À chaque voyage, ce pays m'absorbe un peu plus, me retient plus fermement dans ses filets.
J'ai besoin d'être confrontée à cette violence : la beauté, la misère, les parfums, l'horreur, les sourires, ces femmes, ces incohérences, l'espoir et le désespoir dans la même coquille, le grand écart et les égalités, les paradoxes et la cohésion, Gandhi et le bruit, la chaleur, l'humidité, l'ésotérique et le saint, l'ouverture et l'immaturité.
C'est mon pôle. Je suis étrangère et englobée.
Voilà ce qui se bouscule dans ma tête quand je les regarde passer sur le marbre en damier, dans leurs saris tâchés.
Filtres
Je vois rouge. Je vois rouge. Je me frotte les yeux. Je vois toujours rouge. Je panique. Je tourne la tête à droite à gauche à droite à gauche. Je cherche une explication qui me ferait sourire. Je cherche un visage familier. Je vois rouge. Je me suis endormie dans le train. A mon réveil, je vois rouge. Je parle à ma voisine. Pour qu’elle m’aide. Je vois rouge. Non. Rouge. Vous comprenez. Aidez-moi. Je perds la vue. Je deviens aveugle. Je pleure. Je la vois rouge. Elle ne comprend pas. Je n’ose pas trop ouvrir les yeux. Je ne veux user le peu de vue qu’il me reste. Je téléphone. Mon téléphone ne passe pas. J’ai peur. Et je ne connais personne. Et personne ne veut m’aider. Ils me prennent pour folle. Mais je vois rouge. Et je voudrais revoir les couleurs. Comme tout le monde. Je veux voir comme tout le monde. Mais non. Ca reste rouge.
Vous me croyez vous. Hein. Overdose de colère. Croyez-vous. Non. Vous riez. Et je pleure. Tout est rouge. Tout est sang. Je ne vois plus que ça. Les couleurs ont disparu. Mais personne ne me croit. Quand je dis que le monde est rouge sanguinolent. Et que je ne le vois plus que comme ça.
14 octobre 2007
Semaine 6
bon, sorry, je ne laisse que quelques jours à Zazou pour poster l'image suivante ... et je vous prie à tous de m'excuser, j'avais lu InkRed_ible


