Kaléïdos-coop

blog collaboratif. 1 image... 1 quinzaine... 1 texte

28 septembre 2007

Retrouvailles



              
Il fait vraiment froid ce matin, et je meurs de faim
Il va venir comme chaque matin et en prendra un
Pourvu que ce ne soit pas moi...
Pourvu que j'arrive à la voir
Il se présente dans l'encadrure sans porte
Il circule entre nous, choisit sa vicitme matinale
Son bâton vient vers moi, c'est mon tour
Les coups pleuvent, le sang commence à couler
Puis il prend ma main, la fixe, et casse 2 doigts
Je ne hurle pas ma douleur, elle sera pire sinon
Le chatiment se termine, de regards me confortent
Le rang se forme, on sort sous les ordres
Epuisé par les coups, je me retrouve dernier
On s'arrête, à côté d'un groupe de femmes,
      

Je me réveille blottie contre ma consoeur, j'ai bien dormi
j'ai pu prendre un bout de pain hier matin, je n'ai pas trop faim
J'ai encore perdu une dent, je pourri de l'intérieur, je suis usée
J'espère qu'on se reverra avant la fin
Nous nous rassemblons pour sortir, j'ai du mal à me lever
Une petite fille ne bouge plus, sa mère sait déjà pourquoi
Je marche péniblement pour rejoindre mon rang, je vascille
Et j'attends, j'ai froid maintenant, mais je ne dois pas bouger
Il arrive, hurle ses mots depuis ses bottes en s'agitant
Puis la première avance, sors dans la neige, pieds nus
On marche en silence, je suis en queue de peloton
On sarrête, on attends devant un bâtiment
Un autre groupe arrive, il en fait partie
Personne que nous sommes mariés, heureusement

      
Je prends sa main discrètement, en fin de rang
           Le sang coule et nos mains sont gelées,
           La surveillance est accrue et notre acte est interdit
           C'est le plus beau jour depuis 2 ans
           Un officier nous dit de nous déshabiller,
           Nous entrons ensemble dans le bâtiment devant nous
           Prendre un douche.

Posté par littlesimon à 05:58 - Semaine 03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 septembre 2007

Tu n’es qu’un enfant.

Comment t’en vouloir…
On t’a si mal appris.
Et même, on t’a tant désappris.

Croire en un Dieu
Puis croire en un Humanisme
Puis croire en un Matérialisme
Puis croire au Marché

Tu ne sais plus quoi croire
Alors tu ne crois plus en rien
Tu crois pourtant penser,
Analyser, calculer

Mais si tes calculs sont justes,
Ils ne parlent pas de notre réalité.

 

Tu pilles mon pays
Tu pousses mes enfants aux massacres.
Tu voles mes soi-disantes richesses.
Tu crois pourtant penser,
Analyser, calculer.

Et moi je te regarde
Et comment t’en vouloir.
Moi je ne sais pas calculer comme toi.

Moi je chante, je ne lis pas.
Moi je partage mon rire, ma joie
Toi tu ne sais même plus rire.
On ne t’a pas appris.

Regarde mon poignet, vois-tu ?
Ce sang qui coule de moi…

Oui tu as compris, tu as pensé.

La même couleur.

Prends ma main
Tu peux apprendre à rire
Je peux apprendre à calculer.

Mais posons nous ensemble
La seule vraie question :

Que faut il finalement calculer ?

Posté par ASH_SCM à 13:37 - Semaine 03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2007

Frères de Sang.....

Parce que c'était lui ....Parce que c'était moi .....

Nous avons grandi ensemble.....Fréquenté les mêmes écoles .....Partagé les mêmes jeux de gamins ......

Mais pour les autres nous étions si différents .....

Lui devaient encaisser les coups et n avait pas le droit de sourire à n importe quelle fille

Et moi j'hurlais de rage de ne pas les encaisser à sa place et toutes ces filles qui me souriaient je n 'en voulais pas !!!

Elles le considéraient comme un animal ....

Un jour j ai dit à mon ami de peindre une pancarte que l on afficherait aux yeux de tous

On pouvait y lire en lettres sang sur fond blanc ....." Tous les hommes sont égaux ....."

Cette inscription m'a coûté  trois jours d'emprisonnement et..... à mon frère de sang la vie ......

Posté par ZAZOU72 à 21:38 - Semaine 03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 septembre 2007

Azerty - Qwerty

Nous sommes côte à côte. Nous observons notre œuvre. Les pinceaux humains magenta glissent sur la toile, les visions à l’encre noire sculptent l’arrondi du cadre, et les doigts minutieusement éclaircissent à la chaux nos fonds intérieurs. Nous sommes des commodes à tiroirs que nous ouvrons tour à tour. Nos espoirs attendris prennent forme. Il sera désormais difficile de briser l’édifice construit par le meuble. Sous nos yeux, peu à peu il devient. Il existe. Instantané – Cliché. Gros plans sur deux mains emmêlées. Mais il suffit de diminuer la focale et nous réalisons que nous sommes beaucoup plus nombreux, alignés. Reliés par ces organes qui nous permettent de nous toucher anonymement. Nous nous soutenons contre les vides et les trop-pleins. Nous nous rassurons mutuellement par nos mots inaudibles. Présence muette qui s’échappe des écouteurs. Nous recevons l’écho et avançons. Il n’y a pas de concurrence, uniquement des forces qui s’emboîtent. Des envies qui se superposent sans espérer être au dessus de la tour. Quel serait celui du dernier étage ? Le choix est irrationnel et donc inutile. Véritables maillons vivants d’une chaîne invisible. Non, je rectifie, visible, mais immatérielle, impalpable. La matière physique arrive au second plan alors que les émotions qui en débordent sont vraies. Devant nos productions qui défilent devant les yeux de chacun, nous restaurons notre commode ou nous construisons un autre objet de notre choix. L’infiniment petit, le détail sordide, les atomes attirés, nous bâtissons notre édifice, les uns grâce aux autres. Et l’édifice nous bâtit à son tour.

A qui appartiennent ces deux mains ? A deux d’entre-nous, assurément.


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(J’ai triché. J’ai lu les textes avant d’écrire celui-ci. En discutant avec Leponyme, elle me disait : tout le monde voit du sang c’est bizarre. Alors bon, ben j’écris avec une contrainte : ne pas voir du sang, ni la guerre, ni quelque chose de glauque. Ce n’est pas ce que m’a inspiré l’image à première vue, mais ce second sens me parle tout autant, finalement).

Posté par B_Walsh à 18:53 - Semaine 03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 septembre 2007

Illusions

J'ai envie de parler de ces moments où tout se brise. Où la réalité casse toutes les vérités que nous avions. Si lointains désormais nous sommes de l'enfance, de nos rêveries, de ces images que l'on essaye de nous mettre devant les yeux pour que nous continuions à rêver le plus longtemps possible. Il y a aussi cette morale que l'on nous inculque. Ces valeurs, ces rituels, ces dogmes qui nous sont transmis et auxquels on croit durs comme fer. Nos vies sont réglées dessus. Ce sont nos repères, notre grille de lecture de ce monde.

Il arrive un jour où toutes ces choses en lesquelles on croyait s'effondrent. Le pire, c'est que cela peut arriver à tout moment, à cause de quelque chose, un événement, un détail, un déclic, ou tout simplement, un moment où l'on a vraiment réfléchi.

J'ai pris des baffes dans ma vie, comme tout le monde. Petite, je croyais que le racisme était une période historique révolue comme la Préhistoire. Auparavant, j'accusais souvent les autres d'être responsables des malaises que je ressentais, jusqu'au jour où j'ai compris que j'en étais seule origine. Aujourd'hui encore, il y a des choses pour lesquelles je n'ai aucune tolérance et qui heurtent ma morale. Pourtant je la sens s'ébranler, au fil du temps, au fur et à mesure que ma raison change, apprend, et contre laquelle ma folie, mon ignorance, mon entêtement, ma bêtise aussi, ne veulent céder.

Pourquoi ?

Parce que j'ai peur de céder au monde tout ce qui me construisait. J'ai peur de sombrer, de reconnaître que j'avais tort, d'avoir honte aux yeux des autres de maintenant contredire ce que j'osais clamer haut et fort hier. Ma fierté aussi, mon égo, en prendraient un coup.

Et au prix de quoi, finalement ?

De mon éducation, des valeurs auxquelles je croyais, mais surtout, de ma sécurité. Cette sécurité dans laquelle j'aimais me réfugier. C'est comme si je pouvais d'une minute à l'autre me retrouver nue, désarmée au milieu de tout.

Grandir, cela peut s'appeler. Remplacer des définitions par d'autres. S'assagir, s'ouvrir au monde, aux autres. Ne plus les repousser à cause d'anciennes peurs, de fausses peurs, qui, en réalité, nous concernaient.

J'aurais l'impression de perdre mon âme, car je me croyais différente, car je me croyais invincible, inflexible.

Autrefois, ma mère me disait souvent que j'étais ma première, ma dernière, mon unique et ma plus proche amie dans cette vie. J'ai tenté d'y croire, j'y crois, même si parfois je me demande si j'agis toujours dans mon intérêt. Parfois, on croit faire bien, et on fait mal. C'est une si petite phrase, si simple, mais si significative pour moi. Parfois, on est aveugles.

Et c'est aveugles que nous sommes, enfermés dans l'obscurité d'une caverne, où nous n'observons que les ombres du monde. On en frôle à peine le sens. Jusqu'au jour où la lumière nous libère, et nous naissons, enfin.

Et c'est avec toi, main dans la main, que je sors, que j'affronterai la vie, avec mes nouveaux yeux, avec ses lieux sombres, poussiéreux, dont le sol humide et d'argile, nous gardent.
Prends ma main, je ne t'abandonnerai pas, mais je ne te promets pas de ne pas faire d'erreurs.

Posté par leponyme à 23:14 - Semaine 03 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chair brûlante

- Quand je les vois nous regarder... je bande comme un fou...
- Pfff ! et moi ! il fait tellement chaud que c'est en train de couler, là, entre mes cuisses, comme si tu déposais un filet de salive. C'est humide, ça glisse doucement... j'en peux plus !
- Bon, on continue à leur faire peur ou on rentre pour mélanger nos couleurs ? Ton carminé et mon charbon ardent... hummm...
- Merde ! j'entends une sirène, tu crois que c'est les flics ou une ambulance ? Vite, donne moi la main, je connais bien le coin, on va s'planquer là-bas...
- Hiroshima mon amour (...) ça te va bien, tu sais ? Ouvre ta main, ferme les yeux... sens mon doigt qui glisse dans ta paume comme si c'était ton sexe,  donne moi ta bouche, ta langue, mon amour...
- Viens, on rentre, j'ai trop envie de toi... de faire l'amour, pas la guerre. Effrayer les bourgeois, ça va un moment. Ils comprendront jamais, les pauv' cons, que la guerre, la vraie,  c'est ça ? La chair brûlée et les entrailles à l'air ?

 

Posté par Oviv à 19:45 - Semaine 03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sang bleu

Ne lâche pas ma main, on est presque arrivés. Tiens bon, ce n'est rien. Continue, il faut continuer, encore un peu. Je suis là. Souviens-toi, on l'a juré. On avait quel âge ? Six ans ?
Réponds moi, il faut que tu parles. 
Oui, on avait six ans, pas vrai ?
Serre ma main, allez, serre, je te dis. Prends ma force. On se l'ai juré, jamais l'un sans l'autre ! A l'âge où ils croient qu'on n'est que des enfants, nous deux, on savait déjà tout de la vie, pas vrai ?
Serre, serre moi la main. Non, je n'ai pas mal.
Tu te souviens ? On s'étaient planqués pour se taillader le poignet avec le couteau, pour mélanger nos sangs ! Qu'est-ce qu'on avait la trouille, et on avait serré les dents !
Continue, allez, j'te dis, continue. On y est presque.
On ira ensemble. Jusqu'au bout. Merde, parle-moi, on y est presque. Ils s'occuperont de toi là-bas.
Quoi ? qu'est-ce que tu dis ? Oui, on est ensemble, toi et moi, jusqu'au bout, ensemble. Quoi ? Notre sang est bleu ?
Putain, tu as toujours su jouer avec les mots... ensemble, en sang bleu... oui continue, mon frère, continue... on ira ensemble. Jusqu'au bout.

Posté par Oviv à 16:05 - Semaine 03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Semaine 3

Deadly_Friendship_by_promis

Promenons nous dans les bois, pendant que le loup n'y est pas...
Donne moi la main Walsh, je te laisse passer devant pour le reste du chemin, j'ai trop peur.

Posté par leponyme à 09:00 - Semaine 03 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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