L’entropie de tes 21g. C’était ça, cet avis de grand frais.

Tu disais que c’étaient des conneries tout ça : ces histoires qui racontent que la mort n’est pas une fin.
C’est la fin de tes sourires. La fin de tes soupirs. Longs et profonds.
La fin de nous. Mais pas la fin de toi. Tu laisses des rives entières de mots derrière toi. Des images en noir et blanc et rouge. Des notes et des rythmes effrénés.

Des rires et des larmes. Et tant d’amour non compté.

Tu es un trou béant vers l’humain. Une fenêtre grande ouverte vers tous les autres. Un être de lumière. Sombre et brûlante.

Nous nous sommes télescopés. J’étais à la dérive. Tu étais mon frère d’âme.

Tu as été mon phare, mon ancre, mon rivage, mon nord quand je le perdais. Mon ami, mon miroir.

Tu as vécu si fort, si cru, dans la colère et le pardon. Dans l’écoute et dans la patience aussi.

Tu intimidais de tes savoirs, de tes sagesses et aussitôt tu désarçonnais par une idiotie assumée, recherchée sans doute.

Tes amis, tes enfants, Gaëlle. Ceux que tu chérissais plus que tout. Ton exigence envers toi-même. Ta fierté de les voir changer, ton bonheur de les avoir, tous. Tu pouvais en pleurer, seul. Devant un verre ou sur un banc.

Les moments difficiles, aussi, ceux qui te faisaient serrer les dents et les poings, puiser en toi la force d’avancer encore.

Tu as vécu si fort, si vrai, dans la démesure émotionnelle. Sans limite consensuelle.

Tu te disais misanthrope. Mais si tu avais croisé plus d’hommes comme toi, tu serais sans doute fini par les aimer, les Hommes.

Tu nous laisses un vide immense comme ton sourire. Un froid de canard. En d’autres circonstances, je t’aurais dit qu’il me restait la littérature. Mais à cette heure, est-ce que ça va suffire ? pas si sûr.

Passe le bonjour à tes idoles. Tape le carton, amuse toi de nous. Tu as vécu si fort que tu continueras à vibrer sous notre peau.

Je t'aime tellement.