On a attendu, patiemment, contenant des haut-le-coeur réguliers. A chaque mouvement, on espérait l'erreur de care, le mouvement était trop spectaculaire pour être totalement maitrisé. A voir cette lente mise à mort, on imaginait l'attente de la bête, qui trépignait de pouvoir se venger. Une attente interminable qui, à chaque passe, faisait d'elle un peu plus un steak saignant. Dans tout ce sable soulevé, il y avait quelque chose du désert des steak tartares.

La brindille de banderille n'a pas suffit à calmer la bête. il voulait empoigner le taureau par les cornes, la licorne l'a embroché.

Jeté et malaxé comme un pantin désarticulé, comme une marionnette de chiffon, une vulgaire serpillière, le torero est devenu torchon, comme le bout de tissu qu'il agitait ridiculement jusque là. Vous vouliez du spectacle, en voila, en chair et en os.

Heureusement, à ce jeu arrogant, ce n'est pas toujours l'homme qui gagne.