Il m’a dit, comme une confidence honteuse, qu’il n’en pouvait plus. « Tu comprends Maggie, au départ c’est charmant… mais maintenant ça m’obsède. Je guette chacune de ses paroles, chacune de ses mimiques, et quand cela se passe, je m’énerve en silence, comme une envie de l’étouffer avec un oreiller ». J’ai senti que c’était un sujet qu’il gardait pour lui depuis trop longtemps. Il devait ressasser tout ça dans sa caboche tout au long de la journée. Mon Dieu, mais va-t-il finir par me dire que quoi il s’agit ?! « Tu ne vas pas me croire, tu ne vas pas me croire… … Elle rigole comme un phoque qu’on égorge. T’imagine… Une sorte de grognement très fort, strident et répétitif ». Par sadisme, j’ai fait celle qui n’y croyait pas, et j’ai demandé une preuve. Imite-la ! Il était outré, il ne pouvait pas, c’était méchant. Je suis très forte. Il a cédé. Et il a commencé à rire, comme elle, sa douce et tendre petite phoquette morte égorgée. Hinrgh hinrgh HINRGH HIIINNNRGGHHH.

 

Je me suis presque fait pipi dessus.

Elle venait d’arriver, juste derrière lui.

 

Et elle ne s’était pas reconnue.

 

En plus d’être un animal, elle est aussi une vraie courge. Un plat équilibré, comme nana.