Tu viens de naitre mon fils...

Je sais que j'en ai encore pour des années, et je me sens déjà perdu. Perdu devant tant de fragilité, perdu devant tant d'innocence, perdu face à toutes mes responsabilités que je réalise en cette seconde précise. Un enfant!

Au début on parle de faire un enfant comme on parle de se marier: c'est le défi d'un "amour éternel" à la vingtaine, une norme sociale à la trentaine, une vague envie, surtout la sienne à Elle d'ailleurs. Si ça lui fait plaisir après tout! Et pis comme ça, j'aurai des excuses pour jouer à la Wii et pour être immature de temps à autre. Pendant la grossesse on se rend bien compte que ça ne tournera pas comme prévu: Elle était censée s'épanouir durant sa grossesse, tu parles! Elle ne fait que ronchonner, grossir, avoir la migraine, grossir, vouloir des fraises, grossir, parler du futur toi, grossir...et m'oublier, sauf pour aller chercher du Nutella à deux heures du mat'. Et puis la course à la maternité, j'envoie des textos à tout va pour me rassurer, mais tu parles, à 5 heures du mat tout le monde dort! GROS moment de solitude. GROS doute. Et si je venais de faire une énorme connerie?

C'est la question que je me pose lorsque je te prends dans mes bras. Est-ce que ça veut dire que moi, plus jamais on ne me prendra dans les bras? Que c'est à moi d'être fort pour nous tous maintenant? Qu'il faut que j'ASSUME???

Je t'aime mon fils, c'est viscéral. Je flippe mon fils. C'est viscéral aussi.