Ce qui frappe, c’est le vide.

Le rien partout et la crainte de faire un seul pas sur le sol immaculé.

Je ne bouge pas. Malgré la pluie.

Je suis abrité sous mon parapluie. Si je ne bouge pas, je resterais au sec.

Mes yeux fixent l’absence.

Je ne pleure même pas de ma solitude.
J'ai l'impression d'être barricadé, ce sera ma vérité.
Si j'y crois, personne ne pourra affirmer le contraire.

Je vis. Je respire, je suis debout, oh oui je vis.

J’attends. Je ne sais pas quoi mais j’attends.

Personne en vue. Ni devant, ni derrière.

J’ai peur.

Mon souffle s’accélère. Mes yeux s’agitent. Je ferme les paupières.

Et si l’on m’oublie.
Et si l'on m'oublie ?

Non. Je suis bien trop à l'abri.
Et si j'y crois, personne ne pourra affirmer le contraire.
Il faut que j'y crois.
Un peu plus fort encore.