Tout doit passer.
Tout.
La douleur et l’horreur,
Comme les plaisirs et les délices de la vie.

Si l’on accepte que les derniers soient volatils et ne durent qu’un temps, pourquoi devons nous donc souffrir perpétuellement des premiers ?

Comment pouvons nous imaginer, nous occidentaux, bien gentiment tapi derrière nos écrans, nous dont la vie n’est que rarement heurtée par de tels drames, comment pouvons imaginer la souffrance que cet homme a enduré ?

L’horreur que son esprit a éprouvé à se sentir immobilisé, maintenu le bras tendu sur le billot par ses frères, le choc de la machette qui tombe et retombe pour trancher son bras, os cassés, esquilles plantées dans les nerfs à vif… Sang qui gicle…

Comment même a-t-il survécu à l’infection, au choc…

Cela m’est totalement inimaginable…

 
Mais tout doit passer, s’il n’est pas mort sur le coup c’est pour continuer de vivre, continuer à chercher les raisons de sourire, de rire.
Il peut aimer une femme de son cœur ouvert.
Il peut voir ses enfants grandir et leur donner tout ce qu’il est.

Non, il tapera plus dans ses mains pour rythmer leurs chants… mais il sera là pour les entendre.


Si tout doit passer, l’horreur et la douleur le doivent aussi.