Enfin la nuit, enfin un peu de repos.
Je repasse le film de ces dernières semaines, comme un résumé.
En arrivant ici, ils ont commencer par faire tremper mes phalanges une à une dans l'acide chlorhydrique pour me faire dire où était ma famille. J'ai craqué à la huitième phalange, la douleur était plus qu'intolérable. Aujourd'hui encore, je fais encore des cauchemars de ce premier sévice.
Ensuite, ils ont commencé leurs expériences "pour faire avancer la race humaine".
Ils ont injecté leurs bactéries dans mes pieds, pour pouvoir m'amputer si ça tournait au vinaigre, et pouvoir utiliser le reste de mon corps par la suite. Un jour d'injection, j'avais tellement de fièvre et tellement soif que j'ai bu mon urine pour me rafraichir un peu.
Un autre jour, il m'ont mis une sonde urinaire et l'ont fait gonfler pour voir la capacité d'étirement de la vessie masculine. J'ai fait un malaise vagal et 3 jour de coma. Depuis je m'urine dessus, et je ne peux même plus m'en garder un peu pour boire quand j'ai trop soif pendant les semaines bactériennes.
Et ça a continué comme ça, longtemps. Des perforations dans mes os, des produits chimiques sur ma peau, des aliments étranges dans ma bouche, l'arrachage de mes dents, de mes ongles, d'un de mes yeux.
Aujourd'hui, cette nuit encore, mon corps n'est plus que souffrances, douleurs, brûlures, violences. Je ne sais même pas comment j'ai pu tenir aussi longtemps.
Même mes nuits ne sont plus que cauchemars, cris, outils de torture. Je n'en peux plus.
Même dormir ne me repose plus...

Je me réveille, péniblement. Semaine test mécaniques, il n'y aplus que mon bras gauche qui fonctionne, donc à la fin de la semaine, je n'aurai plus de bras.

Tiens, je ne sens plus rien, c'est étrange.
Je suis assis sur mon lit, bêtement, et je ne sens rien. Avant même de me sentir soulagé, je suis surpris. Je m'étais habitué à ce corps de souffrances, et je n'ai plus mes repères.
Je me regarde, j'ai mes 10 doigts, je ne sens plus ces horribles brûlures qui paraissent encore sur mes bras.
Je me retourne, et je me vois, décomposé, allongé sur ce lit de caserne.
Et je comprends.
Alors c'est ça la mort ?
C'est la liberté alors ?
Je me lève, et je pars en criant de bonheur.
Je m'en fous, ils ne peuvent pas m'entendre !

Yahooooooo !!!!