A 16 ans, je suis tombé amoureux pour la première fois. Passionnel, fusionnel, aussi parfait et complet qu'on peut le vivre à 16 ans. Aussi illusoire donc... De ce premier amour, j'ai compris (après plusieurs années) que malgré un haut niveau de communication psychique, malgré la sensation d'avoir rencontré mon alter ego, je n'étais pas elle, et elle n'était pas moi. L'amour n'était donc pas qu'une fusion, mais une fragile combinaison.

Puis, j'ai passé une année avec une fille sans l'aimer vraiment. Enfin, pas aussi passionnément que j'ai pu aimer la première. Contrecoup peut-être, je ne sais pas... L'année s'est écoulée, la relation s'est usée, et les choses se sont finies aussi simplement qu'elles avaient commencées. Pas de casse, pas de pleurs, pas de regrets, juste une fin. L'amour n'était donc pas aussi plat que le temps qui coule, semblait avoir besoin pour vivre de cascades et de remous.

Ensuite, je me suis noyé dans des beaux yeux bleus et un sourire angélique. Je l'aimais, mais je l'ai connue à un moment de ma vie où je n'allais vraiment pas bien. Et sans le vouloir, elle a subi ça, je lui ai fait du mal, et je n'ai pas pu ou su lui montrer combien je l'aimais. Alors, elle est partie avec mon meilleur ami du moment. Il n'est plus mon ami aujourd'hui, elle l'est devenue par la suite, juste assez longtemps pour prendre le temps de m'expliquer comment j'ai pu être pendant cette période sombre. Je la remercie pour ça.
Alors l'amour n'était aussi explicite qu'on le ressentait, et il fallait pouvoir ou savoir l'exprimer à l'autre pour qu'il le sache.

Et le temps a continué son chemin. Les expériences et les amours aussi.

Avec le temps, j'ai eu certaines jolies pièces du puzzle dans les mains, j'en ai placé certaines au mauvais endroit, j'en ai mis d'autres à l'envers, j'ai même essayé d'en placer certaines à des places où elle ne rentraient pas, comme on essaie de se rassurer sur la stabilité d'un château de cartes.

Et puis un jour, un autre amour m'est tombé sur le coin du nez.
Pas au bon moment de ma vie. Pas au bon moment de la sienne.
Mais je crois qu'on ne choisit pas vraiment le moment...
Et avec chacune des pièces que j'avais à ce moment là, tout est devenu plus clair. Comme si finalement cette longue acquisition préalable n'avait pour but que d'assembler le contour de ce nouveau puzzle. Pourtour de fusion pas tout à fait droit, torrent irrégulier de sentiments reliant les pièces les unes aux autres, quelques groupes de pièces disparates à l'intérieur, donnant des indications sur soi l'autre, des pièces qui traînent encore encore en plein milieu, d'autres pas encore trouvées, mais l'ensemble laissant deviner le joli cadre d'un avenir vers lequel j'ai envie d'aller.
Vers lequel je suis maintenant capable d'aller...

Je sais que je ne verrai jamais la fin de notre puzzle, on n'aura jamais assez d'une seule vie humaine.
Mais peu importe, tant que je le fais avec elle.