Vous croyez tous savoir ce que je pense. Facile tant ma vie parait banale : boulot propret, dodo douillet, soirées mignonnettes entre potes …Gentillesse et joie de vivre. Mais je sais que vous vous trompez, moi seule connais tout ce bordel dans ma tête. Non je ne suis pas celle que vous croyez, je suis la pire des femmes, la pire des infâmes, et si je souris encore c’est juste pour essayer de me supporter. Je n’aime personne, je ne sais pas. L’amour n’existe plus. Comme beaucoup, mon « régulier » me sauve socialement. Mais moi je vous veux tous : le voisin, l’ami, le marié, le vieux, le prépubère, le cousin…tous ceux qui me donneront le frisson, qui me rappelleront que je vis encore….je vous aimerai puis vous quitterai dès que le quotidien vous aura fanés. Je cours après la vie comme si elle m’avait oubliée depuis longtemps, je profite de vos corps messieurs, je vis par procuration vos histoires gonflantes et superficielles mesdames, je me noie dans la musique qui m’extirpe encore quelques sentiments… Je me suis droguée, je me suis scarifiée, je me suis phlébotomisée, pour essayer de ressentir enfin, mais rien : pas une larme, pas un cri. Et pourtant j’ai honte de tout vous cacher, j’ai honte de vous utiliser, j’ai honte de ne pas savoir donner, j’ai honte de ne savoir que souffrir, j’ai honte d’exister…J’ai tenté de comprendre, mais je me suis perdue à l’intérieur de moi-même …Pas un instant de répit, que des questions, plein de questions, trop de questions…Qui est cette personne dans le miroir ? Elle porte mon prénom, elle porte mon nom, elle a l’air si normale…Mais putain qui c’est ? Une folle, une salope, une violée, une intello, une ratée, une désirable, un boudin, une petite fille, une marginale, une femme, une dépressive, une vieille? En tous cas une écorchée enfin heureuse de pouvoir partir en paix. En vous remerciant ! (Sourire social).