Je vois rouge. Je vois rouge. Je me frotte les yeux. Je vois toujours rouge. Je panique. Je tourne la tête à droite à gauche à droite à gauche. Je cherche une explication qui me ferait sourire. Je cherche un visage familier. Je vois rouge. Je me suis endormie dans le train. A mon réveil, je vois rouge. Je parle à ma voisine. Pour qu’elle m’aide. Je vois rouge. Non. Rouge. Vous comprenez. Aidez-moi. Je perds la vue. Je deviens aveugle. Je pleure. Je la vois rouge. Elle ne comprend pas. Je n’ose pas trop ouvrir les yeux. Je ne veux user le peu de vue qu’il me reste. Je téléphone. Mon téléphone ne passe pas. J’ai peur. Et je ne connais personne. Et personne ne veut m’aider. Ils me prennent pour folle. Mais je vois rouge. Et je voudrais revoir les couleurs. Comme tout le monde. Je veux voir comme tout le monde. Mais non. Ca reste rouge.

Vous me croyez vous. Hein. Overdose de colère. Croyez-vous. Non. Vous riez. Et je pleure. Tout est rouge. Tout est sang. Je ne vois plus que ça. Les couleurs ont disparu. Mais personne ne me croit. Quand je dis que le monde est rouge sanguinolent. Et que je ne le vois plus que comme ça.