03 juillet 2009
Mon Livramoi (de facto)
« Mon Livramoi,
Il est plus grand que
moi,
Et sait me décrire / dépeindre
mieux que personne. », me dis-je.
Normal, j’en suis
l’auteur.
Ce n’est que deux / trois
cent pages de finesse dans ma vie de brute
(nom féminin ; Homme grossier
et violent), certes. Mais mon autoportrait me semble si
réaliste / cru, que je m’en sers au quotidien pour justifier mon côté égoïste (adjectif ;
Individualiste, qui rapporte tout à soi), auprès de toutes les oies blanches / ingénues qui
me gravitent autour.
Lorsque
je leur dis que mon savoir me dépasse / distance parfois, elles m’estiment prétentieux (adjectif ;
Qui fait preuve de prétention), arrogant
(adjectif ; Qui manifeste de l’arrogance), voire méprisant (adjectif ;
Qui marque du mépris) envers les gens moins instruits que moi.
Comment
leur faire comprendre que je ne suis qu’un homme
(nom masculin ; Espèce humaine en général, être humain) ? Sans doute idiot (adjectif ;
Qualifie une personne sans intelligence) quelque part, mais capable d’avoir des sentiments
/ émotions !
Voilà
comment j’ai voulu me définir dans mon Livramoi…
Comme
une brute, égoïste. Quelqu’un de prétentieux, arrogant, méprisant. Un homme
idiot, en somme…
Ce
n’est que deux / trois cent pages de finesse dans ma vie, mais c’est ce qui me
définit le mieux, décidément / définitivement. De facto.
Semaine 76 / 77

Photo de Nana Sousa Dias
Next quinzaine je passe la main à Mister Raakim, grand bien nous fasse-t-il !
30 juin 2009
journal d'une nuit dété
21h17 : le vent disperse sous mes fenêtres les derniers lambeaux de lumière ; je sais qu’en tournant au coin de la maison je verrai encore la lueur de la ville voisine, mais de ce côté le monde a cessé d’exister et la seule vue qui s’offre à moi est le reflet fantomatique de mes mains et de mon visage éclairés par l’écran sur lequel j’écris. Quand j’aurais fini de noircir cette page probablement aurais-je achevé de disparaître. Je pourrais ouvrir la fenêtre mais la nuit n’offrirait rien à mon regard non plus qu’à mon oreille – le monde est trop loin : la mer derrière la dune, la ville par delà les collines et le monde au-delà.
J’ai bien essayé de me plonger dans un roman ou de mettre la musique, rien à faire, la nuit ne m’accorde rien sinon le droit d’y mettre ces mots.
Je vais ranger la maison, mes papiers, nettoyer – ma tête aussi prise de mots.
23h26 : tout me tombe des mains ; chiffons ou livres ; musique ou film; rien ne retient mon attention plus de quelques instants. A dire vrai, ce n’est pas une question d’attention, du dégoût plutôt comme la satiété absurde de l’affamé dont l’estomac rejette la moindre nourriture. Il faudrait dormir ais ce dégoût qui me plonge dans un état d’abattement profond me rend aussi fébrile. Aller marcher peut-être.
00h01 : la minuit est passée ; on a grimpé ce versant, il n’y a qu’à se laisser redescendre jusqu’au jour. Mais à regarder en bas quand tout est sombre on est pris d’un vertige étrange : je ne sais plus s’il s’agit de redescendre depuis la montagne jusqu’au monde habité ou bien de se laisser couler au fond des abîmes dont on a eu tant de douleurs à surgir ; malgré sa touffeur cette nuit est une mer froide, hostile, qui paralyse. engourdit.
00h27 : je tourne en rond. Il faudrait sortir, marcher, se fatiguer mais la nuit a avalé les chemins. Je ne peux m’y résoudre. Si je sors nul doute que le vent dispersera mon être, que la nuit le déchirera de ses dents, que l’oubli en engloutira les restes.
01h57 : manger apporte un certain réconfort, une pause. A vrai dire, il s’agit probablement plus de mordre que de se sustenter : l’activité mandibulaire trompe l’ennui. Donne surtout l’illusion d’être encore actif, moins désarmé. Seulement voilà : mon estomac n’en peut plus…
03h21 : les jeux vidéo distraient surtout les plus bêtes, les plus répétitifs, ceux qui ne font pas appel à l’intelligence mais la compriment dans un petit nombre de réflexes. Le désespoir est un fauve qu’il faut perdre et tromper pour gagner quelques heures de vie (survie ?)
04h32 : je crois qu’il y a une lueur dehors. Le jour peut-être. Si la certitude m’en vient je pourrai dormir
06h07 : je suis sorti marcher quelques pas dans le sable de la dune. Devant moi cette photo volée au petit jour : deux silhouettes qui disent que le monde n’a pas abdiqué.
à moins qu’ils ne soient eux-aussi des fantômes regrettant
29 juin 2009
Les pieds dans l'eau, la tête dans l'sable
Je n'aime pas la poésie, je hais la prose.
J'ai une aversion profonde pour ces mots que je ne maitriserai jamais.
Reflets imparfaits
Photomatons mal cadrés
Sirupeuses mélopées.
Tromperies grossières qui voudraient nous donner l'illusion d'avoir fixé une réalité multiforme et sensible.
Pourtant je dois en passer par eux, et ça m'emmerde au plus au point.
Vous dire qu'ils ont été beaux? Quel intérêt? Leur beauté n'était qu'à eux.
La courbe de leurs lèvres, la ligne de leur cul ?
Nombreux à la limite, oui. Le nombre est exact parfois, au moins.
Et dans ce cas, j'en suis incapable.
A cet instant, ils sont deux. De ça je suis sure.
Deux à peupler mon esprit, mes souvenirs. Horreur de la mémoire qui s'enfuit. Cet espace fut verdoyant autrefois, riche des saveurs qu'ils m'ont apporté. Chacun y a laissé sa trace, sa pierre sous mes arbres, sa mouture sur mes vignes.Des mots gravés parfois, vite oubliés ceux-la. Des troncs arrachés, clairières sinistres. Des brises légères de soirées douces, des sirocos de beuveries parfumées, des alizés de voyages partagés.
Mais à cet instant, ils ne sont plus que deux.
Ma mémoire me fuit d'avoir été tant sollicitée. J'ai voulu ne rien perdre, garder leur marque en moi, me construire sur eux, me positionner face à eux, exister par eux. Avant qu'ils ne me quittent, meurent, m'oublient, désertent ma vie...
Aujourd'hui, ils sont encore deux. Quelle chance !!!
L'instant d'avant
Moi, d'habitude, j'ai rien à dire. Et puis ce que les autres me disent, à force, j'ai fini par m'en foutre un peu. Parce que tu comprends, autour de moi, ils ont tous la gueule ouverte. J'habite en ville. C'est un peu comme un village, sauf qu'en plus, ça résonne entre les immeubles. Il y a toujours la grand mère, ou le petit frère au balcon qui hurle quelque chose d'inaudible à ceux qui sont en bas. Et vas-y que ça répond "quoi ? qu'est-ce que tu dis ?". Dans l'appart', c'est pareil. Ma mère engueule mon petit frère qui se plaint à ma soeur, qui rapporte à mon père. Tout le monde trimballe ses commentaires à voix haute. Dans le bus, il y en a toujours un qui attend un coup de frein trop sec pour pester, dégainer sa critique.
Mes potes se racontent tout et en font des caisses. L'intime est déballé aux oreilles de tous. Aux yeux de tous, aussi. Je vois plus de panneaux publicitaires que de jolies filles sur le trajet du lycée. C'est pareil à la radio et à la télé n'en parlons même pas. Tellement d'informations inutiles. De la vie sexuelle de Sylvio Berlusconi aux préférences culinaires d'Angelina Jolie. Des inepties, des inexactitudes, des imprécisions, des futilités. Communiquons communiquons communiquons. Goulûment, sur tout et n'importe quoi, tant que nous parlons, nous n'entendons pas pleurer. Du moins, c'est ce que je me dis.
Il m'arrive quelque fois de retirer mes écouteurs pour voler une vraie conversation. Un échange qui met en scène deux personnes intéressées par ce que l'autre a à dire. Deux personnes qui savent de quoi elles parlent et le font pas pour meubler ou se mettre en scène. Un ping pong houleux sur un domaine de spécialiste ou de l'intime savoureux qui fait avancer les affinités. Du bon et du solide. Je me fais discret et je profite.
On raconte que le fait d'avoir un avis sur tout est typiquement français. Je ne sais pas si c'est un signe d'intégration, mais en tout cas, ceux qui ne sont pas considérés comme des français par les bienpensants / malfaisants de la droite toute ne sont pas en reste. Le monde entier a la gueule ouverte. Internet, médias, téléphone. La planète entière la ramène. Sauf celui qui a le ventre vide. Sauf celui qui a la bouche pleine de ses larmes. Lui, il se tait et il écoute le silence que le reste de l'humanité fait sur son sort, et crois-moi, c'est assourdissant.
Donc, d'habitude, je n'ai rien à dire.
Mais là, au milieu du désert, depuis qu'il n'y a que toi pour m'écouter, que les grains de sable à compter, j'ai une énorme envie de t'entendre et de te parler. Alors je me cale dans tes pas, je te suis sans broncher. Quand tu te retournes, je te regarde droit dans les yeux et je te souris. Je n'ai jamais eu autant envie de discuter qu'aujourd'hui, avec toi qui ne parles pas ma langue mais dont le regard est attentif, avec toi qui ne dis rien mais qui n'en pense certainement pas moins. Je t'écoute avec attention, parce que l'essentiel sort de la bouche des muets. Puis, je me tourne vers l'horizon en ravalant mes mots inutiles, que je dissous dans mes gestes en espérant qu'eux aient un sens dans ta langue. Une main sur ton épaule, une main sur mon coeur en guise de remerciement. Une maladresse, un rire partagé.
26 juin 2009
cette plage aux sables émouvants
Sur cette longue plage aux sables émouvants
De couleurs grisonnantes que soulèvent les vents
Je marche pendant des heures pour y chercher le temps
Le temps des jolis rires et des amours d’enfant
Dans un ciel fin d’été où meurent les cerfs volants
Les nuages ont pris place et semblent menaçant
Ajoutant de la peine par leurs grands manteaux blancs
A ma lourde tristesse que je porte en souffrant
Je revois ton visage, je revois nos seize ans
Je ne peux oublier les premiers sentiments
Nos corps qui se frôlaient, les premiers frissonnements
Les odeurs de vanille, les jeux d’adolescents.
Aujourd’hui je suis seul avec les goélands
Sur cette grande plage abandonnée des gens
Si loin de ces années, si près d’être mourant
Que le silence du sable me paraît si pesant
Je reste planté là sans bouger un instant
A égrener des yeux, et chercher lentement
Parmi ce paysage qui me semble parent
Les silhouettes des étés qui partent doucement
Emportant avec eux l’histoire des jeunes amants
J’ai mal à retenir dans mes vieux yeux brillants
Le chagrin de mon cœur à chaque martèlement
Des éternelles saisons et leurs recommencements
JIME 26/06/09
23 juin 2009
Départ.
Tel le corps d'une femme,
Que l'horizon ne détermine pas.
Telle cette sensation de liberté,
Que l'espace en oublie les limites.
Elle se souvient de ses caresses,
Au beau milieu d'un rêve,
Ou rien ne peut être définie.
Tel un linceul déposé sur ce corps,
Que la chaleur dénude peu à peu,
Tel le désir brûlant de ces nuits sahariennes,
Elle se souvient.
C'est en marchant vers l'infini,
Qu'il est parti sans un sourire.
Cet espace si grand,
Est désormais mourrant
Dans un coin de son coeur
Ou règne maintenant la peur.
Ailleurs, le néant.
J’en
faisais parfois le rêve…De cet ailleurs, qui m’emmènerait loin, si loin de mon
Eure, où l’heure et les secondes n’auraient plus de sens à mes yeux. Reléguant
au second rang ces idées mal placées de temps, qui me semblaient si précieuses,
saugrenues, dictant ma vie, une déconvenue, en y maintenant le fil de mon
existence, et ses imprévus.
L’idée
d’un exotisme du néant me paraissait exiguë au départ. Une chose
extraordinaire, impossible dans mon esprit… Peut-être une plage abandonnée, le
temps d’un week-end, à Zuydcoote, sans coquillages ni crustacés, jalonnée de
choses exagérées. Des femmes exsangues, dénués d'excentricité, électriques au corps élastique,
déambulant à travers les dunes, cherchant un chemin, un sens à ce vide, aride
mais si profond.
-
Bienvenue au bout du monde ! Me
dit l’une d’elles, blonde comme le sable, fine comme me semble la lune à son
premier croissant. Car elle ne m’illuminait que si peu, cette reine des sables…
Je n’étais guère impressionné par son visage fade qui, discrètement lui offrait
des airs de guerrière, défaite, étrange amazone au faîte de sa perte.
-
Suis-je aux confins des sens ? Lui
demandai-je, perplexe. Elle me regarda, de son regard obscur et si mystérieux,
si miséreux. Futile fut-il un instant.
-
Tu y es parvenu ! Me dit-elle,
avec un sourire, avant d’examiner ma main, puis de la prendre, m’entraînant
avec elle vers l’extrême de mon existence.
C’était
une colline, quoi de plus naturel en somme, rien d’exceptionnel en soi. Avec
des hommes qui m’étaient semblables, marchant vers l’horizon, perdus, sans
doute en quête d’une quelconque quiétude, admirant le couchant. Regrettant
l’obscurité, celle qui les détournera à jamais, les laissant sans repères,
déroutés. Rompu aux épreuves d’une vie expurgée, sans saveur.
« L’ailleurs est ici, le néant
est infranchissable», pensai-je,
résolu, tout en admirant la beauté de l’horizon…
22 juin 2009
Me voilà avec un peu de retard excusez moi! Pour la prochaine sélection je pense que Ash sera l'élu. Merci.Benedicte21
16 juin 2009
Mes adieux sans regret
Les cafards ont la vie dure. Je me le suis souvent répété, en te voyant. [Vieille carne, vieux cardon. Saloperie.] Heureusement, comme tout le monde, ils finissent par crever. J'ai bien cru que tu me survivrais. Franchement ? ça m'aurait fait mal au cul. Mais de ton aigreur, de ta peur de vivre, tu as finis par t'étouffer. Je le savais que tu mourrais comme ça : étouffée. Ils me font tous marrer avec leurs valeurs. La famille. Ha ! Quel beau principe. Devrais-je t'aimer plus que ta voisine sous prétexte que tu es ma tante ? [Pourriture]. Jamais tu n'as fait le moindre geste pour mes frères. Pour mes cousins. Jamais. Il n'y en avait que pour moi. Je ne saurai jamais si, de tous tes chèques, de tous tes cadeaux, tu essayais de racheter tes idées moisies ou si, sincèrement, tu étais assez idiote pour me privilégier parce que j'étais la petite dernière. Celle qui faisait des études.
Si tu savais, Tatie. De tous je suis la pire. Et de loin. Mon cousin Constantin a fumé des joints ? La belle affaire. Je m'envoie de la coke plein le nez, et jamais tu ne l'as soupçonné. Mon frère aîné a eu un enfant hors mariage. Quel scandale ... Si tu savais tous ces inconnu(e)s que je me suis tapé(e)s, les soirs trop arrosés ! Je ne sais même plus les compter. Alors tu as eu raison, oui, de me financer des études. J'ai pu distribuer l'argent à mes petits frères pour qu'ils s'achètent des bières, des clopes et de l'essence pour leur brêles. Moi je m'en fichais, je squattais chez des potes. Je ne suis pas quelqu'un de bien. Je suis quelqu'un qui aime. En marge de tous tes préjugés à la con.
Ils ne sont pas bien nombreux aujourd'hui, autour de ton cercueil immense. Tous ont fini par tourner les talons. Tu les as tous usés de tes poncifs et de ton intolérance bien-pensante. Je reste persuadée que les gens comme toi sont plus dangereux que les extrémistes. Ton racisme, ton conservatisme sont pernicieux. Ils se planquent derrière tes principes et ta bienséance. C'est souvent le cas. [Ton sourire me dégoûte; le thanato aurait dû te laisser à ton expression crispée, ça te ressemblait tellement plus]. Va les rejoindre, Tatie, les cons de ton espèce. Allez scander ensemble vos slogans réac'. Je vous imagine d'ici. Votre verre de côte du rhône à la main, le regard au loin, le bout de fromage brinqueballant sur votre pain et des conneries plein la bouche :
"Pauvre France" "Ils ont bien raison de passer la retraite à 67 ans - laissons-donclaissons-donc travailler ceux qui en ont envie !" "Les jeunes d'aujourd'hui, ils ne savent pas ce que c'est, le travail"
Et puis on ne dit rien, mais on n'en pense pas moins, sur l'homosexualité, sur la créativité, sur les divorces et les remariages, sur l'immigration, sur les chômeurs, j'en passe et des bien pires.
Alors cette fois, ça y est, tu nous as emmerdés tous autant qu'on est pendant de trop longues années. Tu as essayé de nous diviser. Tu nous as parfois divisés. Quand les garçons me poussaient à accepter tes cadeaux embarrassants, quand maman me forçait à passer te voir - pour t'entendre dire quoi ? qu'un tel était une guenille, que tout était tellement mieux avant ? que non, vraiment, que faisait mon frère avec cette fille (qui, soit dit en passant, le rend heureux) ? Ton héritage, Tatie, je vais le prendre. Je vais le diviser en quatre. Trois des parts iront à mon frère et à mes cousins. La dernière, je la donnerai à une association de prostituées ou à des sans-papierssans-papiers. ça te fera les pieds.
Bon allez, je te dis au revoir. Je te remercie quand même pour les enseignements, car mine de rien j'ai appris, à ton contact. Dans l'opposition. Dans la révolte. Toi qui croyais dur comme fer à ton paradis, j'espère que tu feras un petit stage pour te purger de ta connerie. Et que tu retrouveras quelques personnages bien trempés qui te feront regretter.
Je t'embrasse, Tatie.

