un repos mérité
Quand le temps des vacances est arrivé
Que le repas est consumé, la vaisselle en train d’égoutter
Que les enfants sont momentanément occupés
Alors voilà enfin, peut être, le temps pour moi de goûter à la saveur du repos
Non, pas le sommeil, trop vite atteint et trop mal interrompu
Non, aujourd’hui ce sera détente dans le jardin...
Je veux embrasser chaque seconde
Un livre au coin de la couette
Deux gâteaux, un grand verre de soda avec une paille et mes lunettes de soleil
Le plaisir de les avoir près de moi, au cas où, et de savourer le moment
Le soleil qui me caresse la peau
Qui me réchauffe le coeur et embaume mes pensées
Mes enfants, mon mari : ma vie, plus belle de pouvoir s’en détacher quand je l’ai décidé
Le soleil, si chaud, serait ce déjà l’été ?
Ouf, mon verre de soda... Quel bonheur d’avoir un cerveau et de pouvoir enfin se passer de ses jambes
Ma peau s’embrase. Mon cerveau réfléchit : ma peau – brûlure – cancer - mort.
Le cerveau est il finalement mon ami ?
Mes petites jambes courent. Plus vite elles seront utilisées, plus vite elles pourront se détendre.
De la crème solaire. Un calvaire si long et minutieux sur ma peau tachetée.
Un millimètre oublié et c’est la marque de la faute, et la douleur.
Le doux soleil continue son oeuvre, il me détend
Et me stress en même temps
Un parasol, peut être, serait plus prudent.
Mes petites jambes...
Tout est là. Profitons, enfin ! J’ai sans doute une demi heure avant que le soleil ne tourne...
Sauf si... "Ouinnn" bébé se réveille.
La sieste de la damoiselle
Ah ! Sans honte vous conterais-je, que l’autre jour,
Lassée d’un tôt matin qui écourta ma nuit,
Laissant filer mon corps, je me suis évanouie
Dans quelques lentes torpeurs, sur un coin de prairie,
Et que je fis durant ce somme des coquins rêves d’amour.
Le tout premier, le moindre, me mettait à parti
De frissons obtenus par mes mains solitaires.
Elles naviguaient sur moi de manières épanouies,
Explorant chaque courbe, de devant, de derrière,
S’attardant subtilement sur le bouton du pli.
Le deuxième, j’en conviens, fut guidé par l’endroit
Qui m’inspira qu’un homme put profiter de moi.
Après qu’il m’eut ôté ma fine culotte de soie,
Il prépara délicieusement de langues et de ses doigts
Ma croupe ainsi offerte pour s’introduire en moi.
Dans un troisième, féminin, enlacée d’une nymphe nue
Qui explorait en me lapant, mes monts et mon intime,
Je me fondais arc boutée sous ses parties charnues,
Ruisselante de plaisir des pieds jusqu’à la cime,
Empalée d’un gourdin que la belle avait prévu.
Dieu ! Le suivant, le brulant quatrième, en réunion offerte!
J’étais écartelée par quelques âmes expertes
Qui firent de leurs touchers que je fus bien ouverte
Pour qu’ensemble j’accueillisse dans mes deux profondeurs
Vigoureux chevaliers, et qu’un tierce en ma bouche y finit son labeur.
Au sortir du réveil de ses quatre tableaux
Mon entrecuisse troublait mon esprit encore chaud.
Je dus pour me calmer, jouer seule le premier
M’abandonnant sur l’herbe au plaisir du doigté
Tremblante de voluptés, violemment je jouissais
Ah mon confesseur ! Qu’il vous prend cette rage !
Retirez sans tarder votre main du corsage
Votre empressement me gêne, je vous prie restez sage
Ces quelques musardises inspirées par l’herbage
N’avaient point pour raison d’attiser votre ouvrage,
Mais allons donc l’Ami finissons là de suite
Laissons donc la raison, et sortez votre vit
Ah ! Je revois le pré, me voilà toute troublée
Venez combler de vous la cause de mon tournis
Et besognez-moi gaillard jusqu’à ce que trois fois l’on ai jouit.
Comme endormie
Rien de plus beau que de te voir, endormie, étendue sur le sol, jonchée, comme perdue dans tes rêves. Je te regarde et tu me sembles, si belle et si pure, naturelle dans tes habits de Morphée. Ton innocence inconsciente me séduit, et me fait percevoir en toi un être fragile, capable de captiver tous mes sentiments. J'aime voir le vent emporter tes cheveux et les déposer, dans un mouvement incessant, redondant, rendant tout ceci pittoresque comme une fresque, te révélant si fraîche et si dantesque à la fois. Insouciante.
Ta posture te rend ton âme d'enfant. Je m'amuse, alors à imaginer la jeune fille que tu étais. Sans doute agitée, adulée et aimée de tous. Heureuse, dans ses robes longues et qui, courant à travers des champs infinis, ne se souciait guère du temps, imparti. Intemporelle. Je me surprends alors à désirer, te regarder comme cela pendant des heures, sans que tu t'en aperçoives. Contempler la brise te caresser les lèvres, puis t'arracher un plissement nerveux. Comme une gêne que tu exprimerais, geste de pudeur dans ce tableau si beau, cette œuvre magnifique. Toi. Tout simplement toi, mon amour.
Nouvelle semaine
après la cage
Combien de temps que je suis dans cette cage ? Deux jours, une semaine, un mois, plus ?
J’ai perdu la notion du temps. Pire, je ne sais pas pour combien de temps je suis là.
Le pourquoi me l’eut indiqué, peut-être.
Je deviens fou, totalement fou. Je perds pied. La raison m’échappe. J’en arrive à mordre le grillage comme un chien fou. Je m’y accroche. Je décroche. Je me raccroche. Mais que m’arrive t-il ?
J’ai réalisé par brides toute l’ineptie de mon impuissance à tourner en rond dans cette prison. Je sais qu’ils m’observent. Je m’en fiche. Aucune prise sur moi.
« Où êtes-vous bande de fumiers ? »
Bientôt 6 mois qu’il est là, dans cette cage. Les vapeurs de transaïne beta temporis qu’il respire sans qu’il s’en aperçoive lui ôtent toute idée du temps qui passe ainsi que la plupart de ses souvenirs. C’est la procédure. Il lui arrive d’avoir des accès de folie désespéré, à en mordre le grillage. Je suis chargé de le « surveiller » via un système de caméra à infrarouge. Je ne sais pas s’il le sait.
Au début je me souviens encore, j’ai crié de rage, à gorge déployée, les yeux exorbités. De toutes mes forces. Puis j’ai arrêté. Epuisé. Plus de voix. Inutile. Seul. Et quelques larmes.
Personne n’a bougé le petit doigt. Ils m’ont eu à l’usure. Je suis sur qu’ils m’observaient.
« Bande de fumiers »
Au début je me souviens encore, je ne supportais pas ses cris. Ni ceux des autres avant lui, d’ailleurs. Il a fini par se calmer. Un autre type de vapeur l’a aidé pour ça. Monobenzoîde de carbone. Je n’ai eu qu’à appuyer sur un bouton. Ca l’a anéanti. Utile. Seul. Et quelques larmes.
Ce numéro gravé sur le poignet. Identification ?
Cette bosse derrière la tête. Bordel ! Qu’est ce que ça veut dire ? Ils contrôlent mon cerveau, c’est ça, ils contrôlent mon cerveau et ils m’observent, j’en suis sur.
« Bande de fumier »
4.250.640. C’est son identifiant. Plus aucun nom. Une puce injectée dans le crâne permet de suivre le bon déroulé du processus d’avilissement du sujet. Actuellement il est entre en phase de dixelichronisation. Le dernier palier.
Je crois surprendre mes gestes qui se dissocient de ma pensée. Lucidité. Ephémère.
Ce n’est pas moi qui pense, ce sont mes gestes. Ce qu’il me reste d’humain, de vivant. Rebelle.
Et cette obscurité. J’ai l’impression d’être un rat, terré dans les bas fonds de la ville. Ma vue n’a rien à qui parler. Isolement. Silence.
J’ai arrêté de faire le tour amoindri de mes interrogations qui devenaient de plus en plus squelettiques. Pales vaines tentatives inhibées, endormissement cérébral. Aucune explication. Lobotomisation.
Qui sont-ils d’abord ? De quels droits ? Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait bon Dieu ? Dieu parlons-en…j’ai arrêté…
Cette phase est celle que je redoute le plus. Je connais trop la suite. Mais j’ai arrêté de me poser des questions, j’obéis. J’agis sans penser. C’est ce qu’il me reste d’inhumain. Ma voix n’a personne à qui parler... Silence
Pourquoi moi ? Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ? Pour me retrouver surveillant dans ce couloir de la mort. Dieu parlons-en…j’ai arrêté…
Je sens mes forces se soustraire un peu plus. Je n’aurais pas de réponses à ces questions.
Sursaut de fureur, entremêlé au désespoir de cet enferment, je me jette contre le grillage une nouvelle fois, avec peut-être le pari fou de le faire céder. Avec mes dents, à serrer.
Du sang dans la bouche.
Ils m’observent. J’en suis sur. Je m’en fous. Je mens fou.
« Bande de fumiers »
Il doit sentir la fin, comme l’animal traqué et apeuré hume par instinct l’approche de ses derniers instants. Une ultime tentative qui lui donnerait l’espoir d’y échapper. Il ne s’en échappera pas. J’ai le bouton bleu pour ça…
Je suis pris de vertige, de nausées. Je m’écoule au sol de tout mon poids.
Choc arrière. Respiration.
Je délimite une fois encore cet espace confiné, allongé de mon tout mon corps, sans intention ni volonté particulières de me relever. Comme si cette position pouvait me permettre d’entre percevoir une possible évasion. Foutaises.
Ils me tiennent, me détiennent, qu’à cela ne tienne.
« Bande de fumier »
Ca va être le moment d’avertir la section d’intervention finale. Je décroche le combiné. Je sais que je vais mettre fin à 6 mois de souffrance. C’est ce qu’il me reste d’humain. Foutaise. Il me reste à lui envoyer du
Termixotanine dans les bronches.
Je ferme les yeux par intermittence. Ne plus penser. Ne plus rien faire. Attendre. Quoi ? Peu importe. Endolorissement.
Voilà. L’issue, se joue maintenant. Je ferme les yeux. Ne plus penser. Je n’ai plus rien à faire. Attendre. Qui ? Le prochain. Peu importe. L’endolori se ment. Ils vont l’emmener.
Eclairs. Lumières.
« Allez c’est l’heure ! »
« Qui êtes vous ? Laissez moi !, laissez moi tranquille !»
« Debout ! Relevez-vous, c’est l’heure ! » Refus.
Ils m’attrapent, me soulèvent, m’emportent.
« Où m’amenez-vous ? » Impossible de résister.
Ils me trainent. Long couloir. Je suis un pantin disloqué.
Cette pièce. Je l’ai déjà vu une fois. Ces gens en costumes noir.
« Pitié ! Pitié ! »
Une chaise. On m’y jette dessus. On m’y attache. Drôle de jeu. Drôle de Je. Pas le temps de réaliser.
« Qu’est-ce que vous me faites ? » Pas de réponse.
Tous ces fils. Agitations autour de moi. Sanction, application. Exécution
Electricité, corporellement intense. Mon sang se fige. Râles,…Mort.
Ca doit être terminé avec 4.250.640. A cette heure çi il doit être dans la fosse commune. Avec tous les autres. Je vérifie que la cage a été nettoyée. OK c’est bon.
Tiens ! ils m’en amènent déjà un nouveau..
« Laissez moi sortir !, j’ai rien fait ! Je suis innocent ! Sortez moi de là toute de suite ! Vous m’entendez ? vous n’avez pas le droit, enfoirés ! Je veux sortir, je veux sortiiiiiiiirrrrrrr »
Oh toi mon vieux, il va falloir te calmer…..j’attends les ordres….
Un dernier mot ...
Mes mains sont liées, mes jambes rudement enlacées de chaines féroces…
Dans l’obscurité seulement percée des traits blafards de l’aube à naitre, je sais mon destin arriver.
Je l’observe, mon bourreau.
Son crane est taché d’affreuses plaques, son tablier de cuir rouge est
mât d’heures de besogne sur d’autres que moi, et pourtant…
Il n’est pas si vieux que son âme soit vidée au point de m’interdire un dernier échange.
- Sais-tu pourquoi seulement ?
Ma voix me semble déjà étrangère, un éboulis de roches tranche ma gorge asséchée.
Il se tourne et je peux voir les instruments de ma fin ; pinces et
tisonniers, arc de fer et crochets, et son regard, car c’est la froideur
implacable, la fixité de son regard qui va me tuer. Pourtant je
n’éprouve rien à ce spectacle.
- On ne me dit jamais le pourquoi, et il ne m’intéresse guère. Mais à ton accoutrement il est évident, non ?
- Alors dis le moi. Pourquoi ?
- Tu as trop dit. Voila pourquoi…
- Trop dit ?
Il me regarde
-Tu devais divertir, et tu t’es cru autoriser à dire.
Divertir! Tourner la pensée vers un joyeux amusement, soustraire à
l’âme quelques instants inutiles pour la ramener ensuite à son admirable
situation. Tu avais en échange de tes pitreries gite et couvert,
chaleur et foyer. Tu avais une place auprès des seigneurs. Était-ce si
difficile que cela pour toi ?
- Cela je le concède, je n’ai pas su garder ma langue, je n’ai
d’ailleurs jamais su garder ma langue par devers moi, cela m’a souvent
joué des tours sans que je ne le comprenne..
Dis moi pourquoi.
S’il te plait…
- Es-tu donc idiot ?
- Je ne crois pas non, je sais compter et lire, discerner le vol de
l’épervier de la course du chien, le cri du pourceau affamé de celui de
la femme en couche…
Je ne dois donc pas être idiot non ?
Il me regarde, et son visage se fige…
- Allez dis moi pourquoi… S’il te plait !
- Tu as déplu, tu as dis ce que nul n’osait dire, ni même murmurer dans
les couloirs des Palais ni dans les sanctuaires des Universités.
Tu as poussé la chaire putride dans sa bouche, tu as déversé le vin amer dans sa gorge.
Tant et tant qu’il ne pu que vomir l’horrible conséquence de ton travail.
Tu lui as présenté la vérité de face, sans un miroir qu’il n’en soit pas
illuminé, tu lui as montré son mensonge permanent, les ombres et les
déchirures de son bel habit de justice et d’ordonnancement.
…
Veux-tu savoir quel sera ton tourment ?
-Bien sur ! Sinon pourquoi ces questions !
Pour que tu admettes la juste place de toutes choses en ce monde, aux os
de ton crane je vais souder la géométrie inflexible de la grille et de
l’échelle immuable des valeurs.
Et tu souffriras.
Pour que ta voix ne soit plus audible, pour que tu t’étouffes dans ton
ignoble questionnement permanent, j’arracherai ta langue et fixerai tes
lèvres en un rictus de haine de ton prochain que nul ne pourra ignorer.
Tu seras fui et honni.
Et tu souffriras.
Pour que tu comprennes enfin qu’il n’est nul besoin de voir les choses,
qu’il suffit à chacun de se tourner vers nos seigneurs pour baigner dans
leur connaissance révélée.
Pour que tu comprennes que ta vision n’est rien face à la vision
partagée de tous, je crèverai tes yeux et coulerai dans tes orbites
évidées le plomb qui fixe les prismes entre eux et les rends pareils au
haut vitrail qui guide nos pas incertains.
Et tu souffriras
…
A ses mots, je n’ai pu retenir le rire qui montait en moi. Si je n’avais
été lié j’en serais tombé de mon fauteuil et; plier en deux, aurais
déversé un torrent de rire et de larmes mêlés…
- Ah… Bien donc, ce n’est que cela !
J’ai eu peur de souffrir bien d’avantage et vais donc te considérer
comme mon ami infaillible pour ton humaine clémence ! Viens là que je
t’embrasse!
- Tu es fou mon pauvre…
- Ah ?
Dis moi pourquoi.
S’il te plait !
Nouvelle image
J'espère que cette photo vous fera réagir.
Quelque soit cette réaction
[...]
Si le sieur RAAKIM l'accepte, je le propose pour la prochaine quinzaine.
cette photo là
Dans ces pays d’autorité
Où règne l’ordre, belles armées
Prérogatives bien conservées
Au prix de ces gens, assassinés.
Ces territoires bien dirigés
Par des rois singe ensanglantés
Qui font de la mort leur vérité
Et leur grand pouvoir sur l’opprimé
Avec leurs chars pour dialoguer
La répression pour gouverner
C’est sans gêne qu’ils viennent commercer
Avec nous sans honte pour accepter
Face à leur peuple leurs vertes chenilles
De jours en nuits à défiler
Encanonées, prêtes à tuer
Tous ces fins squelettes aux pauvres guenilles
Tu vois, sur cette photo là
Ce put être toi, ce put être moi
Sait-on, cette chance là
De vivre ici plutôt que là bas ?
Quand une gamine, jeune indomptée
Se tient debout pour leur résister
Sous les yeux de l’humanité
Appareil photo, l’opportunité.
Prise de conscience, l’instant tanné
Par nos regards, solidarité
En vertu du reste de l’année
Que l’on vit, on le sait, à oublier.
Tu vois, sur cette photo là
Ce put être toi, ce put être moi
Sait-on, cette chance là
De vivre ici plutôt que là bas
Leurs lois, au mépris des Dieux,
Faites pour eux, raclures immondes
Eux dictateurs qui mènent le jeu,
Sont une infamie pour notre mappemonde
Et pour nous les hommes qui restons à regarder
Gloire à ces âmes droites comme des I
Qui trouvent la force dans leur survie
De s’opposer, de crier non !
Sachant bien qu’au bout il y a leurs prisons
Combattants d’un jour, ou de l’éternité
Vous qui mourrez pour la liberté
Puisse le ciel sans cesse vous aider
A repousser cette fatalité




